Voyez la loi du 4 [8] juillet
2. Gromatici veteres, p. 123 et 122, Lachmann : In Tungris pes Drusianiis, qui habet monetalem pedem et sescunciain.... In Narbonense varia sunt vocabula pour l'arpent (par exemple le mot arepennis; id., p. 367-8; Isidore, XV, 15 et 10, Lindsay). Peut-être un système particulier à Orange (G. /. L., Xlt, 1244; Revue épigr., III, p. 144; Mommsen, Ges. Schr., Y, p. 113). Cf. t. II. p. 394-5.
3. Toutefois, l'examen des marques gravées sur les récipients (C. /. L., XIII, 10008) n'a encore rien donné de satisfaisant.
4. Toutefois, il y a eu, après l'époque romaine, tant de modilications suivant les temps et les provinces, que j'ai reconnu l'impossibilité, jusqu'à nouvel ordre, en matière de métrologie, de retrouver les choses gallo-romaines à l'aide des documents médiévaux. Cf. Y Introduction de Brulails, Recherches sur l'équivalence des anciennes mesures de la Gironde, 1912. De même, pour le droit, p. 279, n. 4.
5. A partir de 200 (XIII, 9137, 90.07, 9031), et pour les Trois Gaules seulement (Ammien, XV, 11, 17; Table de Peulinger, segment 1, i = Rev. des Et. anc, 1912, pi. 4). Les arguments allégués par Hirschfeld pour prouver que l'usage public de la lieue celtique avait été accepté depuis Trajan dans certaines régions (dans l'Aquitaine gauloise, XIII, 8906, 8898, 8931, 8932, 8938, 8942-43), ces arguments, tout en faisant impression, ne sont pas décisifs. — On retrouve encore les milles après 200, par moments et dans certaines régions (9023, roule d'Autun à Auxcrre), et surtout aux abords de la Narbonnaise (cf. G. /. L., XIII, II, p. 646). — Uotli, Honner Jahrbiicher, XXIX-XXX, 1800, p. 1 et s.; Zangemeister, Westd. Zeitschrifl, 111, 1884, p. 237 et s., p. 307 et s.; Hirschfeld, Sitzungsb. de l'Acad. de Berlin, ph.-hist. CL, 1907, IX, p. 181 et s. — Ici, t. II, p. 393.
6. L'intervention de l'Etat résulte de l'expression pes Drusianus (ici, n. 2);
Les empereurs eurent, en matière de monnaies, plus d'énergie et d'esprit de suite, et c'était d'ailleurs leur devoir : car la monnaie est le principal régulateur de la vie économique, et il faut qu'elle demeure sous le contrôle continu du pouvoir souverain. Pour éviter de longs et coûteux transports de numéraire, il fut établi à Lyon, à l'usage de l'Occident, un grand atelier d'Etat, où l'on frappa des pièces d'or, d'argent et de bronze. Cela était déjà fait sous Auguste'. Et dès lors, il sembla difficile qu'on tolérât la concurrence d'un monnayage indigène.
Pourtant, le patient empereur ne se hâta point de fermer les ateliers municipaux. Dans le Midi, on laissa fonctionner ceux de cités libres, telles que Marseille- ou les Yolques de Nîmes ^ et même de cités sujettes, telles que les Allobroges de Vienne^;
cf. Gromat. vet., p. 122-3. harepcnnis dut ainsi otre fixé à un scmijugeruin, la leuga a un mille et demi: t. II, p. 394-5.
1. P. 86. — On distingue, parmi les pièces qu'on croit frappées par la Monnaie de Lyon, en dehors des petits bronzes de Plancus (p. 43, n. 1) et des pièces d'argent ou quinaires d'Antoine (p. 52, n. 7) : 1° les as et sesterces au nom de la colonie, Copia (n"' 4665-84), et sans doute pour son compte, en vertu d'un droit de monnayage, droit qui ne parait plus s'exercer après Auguste; 2° les pièces, grands bronzes aussi et autres, frappées, semble-t-il, pour le compte des Trois Gaules, d'abord au type des tètes de César et d'Octave (n" 4069-4, 4685-90), puis (depuis 12 av. J.-C?) au type de l'autel, lequel continue jusqu'à Néron, mais en s'interrompant sous Tibère, peut-être vers 21 à la suite de la révolte (cf. p. 160; n°* 4691-4786); 3" les monnaies impériales ordinaires. — Pour les monnaies de Lyon, Vienne. Mmes, Cavaillon, cf. en dernier lieu, outre les deux ouvrages de Blanchet, Traité. 1905, et Manuel, I, 1912, l'article de Willers dans la Num. Zeitschrift de Vienne, X.XXIV, 1902, p. 79-138. Pour la bibliographie plus ancienne, t. I. p. 437, n. 5, et, en outre : Ch. Robert, \um. de la prov. de Languedoc, I, Période antique. 1876 {Hist. gén.. 2" éd.); Goudard, Monographie des nwnnaies frappées à Nîmes, Toulouse. 1893.
2. Les monnaies de Marseille ne renfermant aucune légende chronologique, la chose ne peut se conclure que par analogie avec les autres villes: t. 111. p. 601.
3. Il faudrait chercher, parmi les monnaies précoloniales de Nîmes (Cab., n°^ 2684-2700, 2709-16) ou des Volques Arécomiques (n"' 2620-83), celles qui sont contemporaines d'Octave. J'inclinerais à accepter les dernières, qui portent la légende latine du nom du peuple, et à placer plus tôt les autres, qui portent en légende grecque le nom de Najjiao-aT pour les bronzes, Nîaa-j pour les pièces d'argent. Les pièces d'argent semblent être dos oboles ou des victoriats suivant le système marseillais (t. I, p. 524). Les petits bronzes, avec leur personnage drapé de la toge (n"' 2662-83), font peut-être allusion au droit latin de Nimes ou des Volijues (ici, p. 2»5, n. 2, p. 246, n. 4).
4. A Vienne, monnayage de bronze colonial au nom d'Auguste (n"* 2938-52), ayant sans aucun doute succédé au monnayage d'or et d'argent des Allobroges (n"' 2912-37). — A Antibes, monnayage de bronze contemporain de Lépide
et, comme l'esprit conservateur, le sens de la tradition s'imposaient alors en toutes ciioses. même devenue colonie, la ville de Nîmes conserva un droit qu'elle tenait de son passé celtique'. Dans la Gaule Chevelue, celle qui dépendait de Lyon, bien des peuplades, grandes ou petites, fédérées, libres ou non. continuèrent à frapper monnaie, gravant fièrement sur leurs pièces leur nom national et les noms et titres de leurs magistrats-. Il est vrai que c'était en langue latine ^ et que les antiques
(n°' 2179-2208) : Lépide a pu lui accorder ce droit pour affirmer la séparation de la ville d'avec Marseille (cf. p. 270, n. 4). — A Avignon, monnayage de bronze et d'argent non colonial (système marseillais?), à légende grecque (n"' 2509-23); puis, de très rares bronzes, avec la légende latine C(olonia) A{vennio); Blanchet, Traité, p. 441. — 11 résulte de tout cela que le monnayage est un héritage de la condition antérieure, et nullement lié au titre colonial. — Pour Cavaillon, ici, p. 28.5, n. 1.
1. Cette remarque s'applique également à Vienne (p. 284. n. 4). — En ce qui concerne Nîmes, voyez les monnaies coloniales, Gab., n" 2717 et s. La monnaie d'argent ne comporte plus que de très petites divisions dès qu'apparaît la frappe coloniale, et a dû cesser bientôt après (n" 2717-24). Pour les monnaies coloniales de bronze, il y a deux catégories. Les plus anciennes, sans mention se rapportant à Auguste, et peu nombreuses, sont toutes petites, avec Nem. col., et contemporaines des monnaies d'argent précédentes (n"' 2725-39). Les plus récentes, beaucoup plus nombreuses, sont beaucoup plus grandes, se rapportant toutes à Auguste ou Agrippa, et avec col. Nem. (n"' 2740-2877) : elles sont, je crois, postérieures à 18 av. J.-C, date de la tribunicia potestas d'Agrippa, mais ont dû se continuer longtemps après sa mort en 12 av. J.-G. (cL n" 2818-46, où Auguste est appelé paler palriœ, titre qu'il rcgut en 2 av. J.-G.). — A Cavaillon, le monnayage d'argent, d'ailleurs pour toutes petites divisions, est contemporain de Lépide (n"* 2544-9), celui de bronze, également pour toutes petites divisions, est colonial et au plus tôt de 23 av. J.-G. (n°' 2550-85). Il a dû y avoir une longue interruption dans la frappe. — Voir aussi p. 284, n. 4.
2. Entre autres : Santons, Santonos, argent (n"' 4517-24); Torons, Turonos, bronze (n"' 0992-7014); Aulerques Éburoviques, Aulirco Eburovico, bronze (n"" 7044-9); Lexoviens, Lixovio (n"' 7I5G-68; ici, p. 281, n. 1) ou Lixoviatis (n°' 7141-50), bronze; Éduens, Eduis, argent et bronze (n" 4822-31); Rèmes, Remos, bronze (n<" 8038-83); Véliocasses, Vcliocassi et Ratumacos ou liouen, seul peuple qui aurait inscrit le nom de sa capitale, bronze (n"" 7334-73); Ségusiaves, Segiisiav{o)s, argent et bronze (n"" 4C22-30); Mediomatriques, bronzes à la légende Medioma, etc. (n"- 8940-53). J'hésite à attribuer aux Calètes les pièces d'argent Caledu (n"' 7174-84), aux Séquanes les bronzes Sequanoioluos (n"' 5329-67). Autres types de la même époque : les pièces d'argent très fréquentes, peut-être des Séquanes, peut-être, plutôt, des Lingons, à la marque Q. Doci Sam.f. (n'" 3402-5.307) ; les pièces d'argent de Togirix ou Julius Togirix, attribuées aux Sé(|uanes, peutêtre aux Lingons (n°' 334C-5630); etc. — Toutes ces pièces paraissent postérieures à la con(iuéte, aucune à Auguste. — Il paraît bien que la majorité des cités monétaires sont des cités libres (cf. p. 249, n. 6, [). 250, n. I).
3. Note 2. Voyez à Nîmes, par exem[)li', la substitution aux légendes grecques (p. 284, n. .3) des légendes latines (p. 283, n. 1).
emblèmes du monde celtique cédaient peu à peu la place aux figures consacrées dans le monnayage latin'. Rome faisait sentir de plus en plus sa force et son influence. Toutes ces monnaies indigènes étaient conformes aux types de l'Etat ^ Ni Marseille ni les cités gauloises n'émettaient de pièces d'or, ce qui était la marque de la souveraineté ^ Dès Auguste même, la frappe d'argent cessa partout". On garda plus longtemps le droit à la monnaie de bronze, mais pas au delà, je crois, des premières années de Tibère ^ Celui-ci n'aimait guère les vieux privilèges municipaux : il voyait en eux une entrave à la vie régulière, à une administration sage et bien ordonnée ^ Et ceux qui mettent en cela l'idéal d'un État, trouveront qu'il eut raison de supprimer les vestiges encombrants et disparates d'une liberté disparue.
Est-il sur d'ailleurs que les villes aient désiré les conserver? Un atelier monétaire coûtait cher à entretenir. Il fallait payer la matière première, nourrir les ouvriers, surveiller la frappe,
1. Voyez à Vienoe ou chez les Allobroges, par exemple, l'hippocampe (n " 2912-37) remplace par la proue (n"* 2938-52), qu'on retrouve, mais différente de forme, à Lyon, et que je crois être, dans les deux cas, un trophée consacré (cf. pour Nîmes, p. 77, n. 3) ; Hercule chez les Ségusiaves (n°' 4622-27) ; chez les Lexoviens (n"' 7156- 68), l'aigle, qui paraît se répandre de plus en plus dans cette dernière période du monnayage gaulois.
2. Ici, p. 86. — Les cités gauloises frappaient surtout des monnaies divisionnaires ou petits bronzes : semis ou demi-as (6 gr. 72), quart ou quadrans (3 gr. 24); en outre, des quinaires ou demi-deniers d'argent (1 gr. 95). On ne trouve de moyens ou grands bronzes, as (13 gr. 44) ou sesterce (27 gr. 29), que dans les trois grandes colonies de Lyon, Nîmes et Vienne. Les poids moyens que nous donnons ici peuvent être discutés. P. 284, n. 1, 3-4, p. 285, n. 1-2.
3. Du reste, Marseille n'en émit jamais, à notre connaissance, même au temps de sa pleine liberté (t. I, p. 441).
4. P. 284, n. 3, p. 283, n. 1-2; plus tard, semble-t-il, chez les cités libres.
5. Cela parait résulter, sans doute possible, de l'absence complète de son nom même sur les monnaies de colonies, et du fait que peu de chefs mentionnés sur les monnaies s'appellent Julius ou paraissent citoyens romains. 11 n'est pas impossible que la suppression date des derniers temps d'Auguste. Il ne l'est pas non plus qu'elle ait eu lieu plus tard chez les cités alliées ou fédérées. Mais je ne vois pas trace en Gaule de la prolongation de leur privilège au delà 'de Tibère.
6. Cf. ici, p. 154, n. 6, p. 155, n. 3; Tac, Ann., III, 63; Suétone, Tib., 49, 2; 37. Remarquons que le monnayage colonial et le monnayage provincial de Lyon cessent sous son règne (p. 284, n. 1).