‹ Histoire de la Gaule (volume 5)Chapitre 399 sur 792 · DU POIDS DES DÉPENSES PUBLIQUES · texte numérisé non relu

DU POIDS DES DÉPENSES PUBLIQUES

structions, ses remparts, ses portes et ses tours', et à Hadrien le plus somptueux de ses édifices, la basilique en l'honneur de Plotine-. Pour le reste de leurs bâtiments, ce fut affaire municipale ^ Mais les villes, comme les Césars, étaient souvent fort riches, elles avaient leur fortune personnelle, biensfonds, capitaux, successions ou monopoles \ D'ailleurs, elles ne payaient point tout : l'aristocratie du pays les aidait de ses ressources. Il en fut des magistratures locales comme des fonctions d'Etat : on les réservait aux plus riches; et. en souvenir de leur passage aux affaires, les préteurs ou les duumvirs des cités faisaient à leurs compatriotes un royal cadeau. Caius Julius Sécundus, qui fut magistrat suprême de Bordeaux au premier siècle, lui légua deux millions de sesterces afin de l'aider à amener des eaux de sources'. Les simples particuliers ne demeuraient point en arrière : à Marseille, à la même époque, le médecin Crinas, enrichi par la vogue de son régime alimentaire, rebâtit à ses frais les murailles de sa ville", ainsi que César Auguste l'avait fait pour celles de Nîmes". — Cette société romaine, où l'aristocratie dominait à la fois la capitale, les cités et les campagnes, parait à [dus d'un égard l'inverse de la nôtre. Les fonctions publiques y étaient le devoir des plus

1. C. /. L., XII, 3151: autrei dons impériaux, à Vienne. XII, 6034; à Nimes, 31.55; ici, p. 88-'J.

2. Hisl. Aug., Hadrianus, 12, 2: cf. p. 471-2. — Pour la restauration des routes, l'intervention du lise impérial est prouvée par les expressions resliluit, refecit, restituit et refecit, mises après le nom de l'empereur (XII. 3411, ,5445-9. 3(55, etc.). La réfection de la voie Appienne (C. /. L., IX, 6072, 6073: Dessou. a" 3875) fut faite, partie aux frais d'Hadrien, partie à l'aide de contributions des posscssores agrorum, l'empereur doublant la somme fournie par ces derniers. Pour les routes de la Gaule, il n'est question que de l'empereur, sua pecunia, dit-on spécialement de lui pour la réfection de la grande route de la Tarentaise ou des Alpes Grées (XII, 107). — Les inscriptions op(era) pagi tel ou tel (XII, 1243;/îeu. épig., a" 1385), semblent indiquer lu section de la route (jui incombait aux prestations du pagits.

5. C. /. /.., XIII, 396-600. Autres dons ou legs de ce genre : Xlll, 950-4, 966, 1612, et cent autres. Cf. p. 172. n. 6.

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