Ici, p. 430 et s., p. 443 et s
5. Sœvi proximis ingruuiil: Tac, Hisl., IV, 74. 11 y aurait bien ù dire sur les soi-disant fantaisies liscales attribuées par les auteurs à Caligula (Suét., Cal., 40-1). Sur la modération liscale de Néron, Tac, Ann., XllI, 50-1; de Tibère, id.. Il, 42; de Calif:ula, Suét., Cal., IG, 3.
tiiictifs (lu despotisme impérial) ont le souci de plaire au peuple, et ils savent qu'une surtaxe est toujours impopulaire. Ils aiment mieux frapper sur les plus riches : et quelques sentences capitales, suivies de confiscations, leur rapporteront bien plus, et plus vite, que de doubler le quarantième des Gaules'. D'ailleurs, sots ou sages, tous les empereurs étaient, du fait de leur fortune propre, les hommes les plus riches de l'Empire - ; pour extravagantes que soient leurs folies, elles furent moins coûteuses à la chose publique que le château de Versailles ne le sera à la France de Louis XIV \
S'agit-il enfin des chemins et des bâtisses de la Gaule? Ces constructions municipales, murailles, aqueducs, thermes, basiliques, temples, théâtres et amphithéâtres, cette multitude de fontaines et de statues, ces parois de marbres et ces frises de bas-reliefs, ce luxe nouveau dont la Gaule entière s'enveloppa, ce réseau de routes parfaites qui découpèrent harmonieusement ses campagnes, tout cela, qui se fit si rapidement dans le siècle des premiers Césars, coûta des sommes considérables" : mais ce ne fut pas à la masse des habitants, et l'impôt n'en paya que la moindre partie. La Gaule trouva d'abord un abondant secours dans la caisse personnelle des Césars : Nîmes, par exemple, doit à Auguste les plus importantes de ses con-
1. C'est le mot de Caligula (Dion, LIX. 22, 3-4) : Toù; ■n'i.o-j'y.M-.i-rj-^-. bx-/x-Mhr- •ix: y.îÀE-JTa; [en Gaule]... lyw cà àç ;xvpia; -/.a; T.i'i-.3.v.:a-/ù.':a.;, avpiaôac r,fjpo'.<7a.
2. P. 2.3ii-6. — 11 semble cependant que les domaines du prince fussent moins importants en Gaule qu'ailleurs, notamment ([u'en Italie, en Afrique, en Espagne même. Ce qui contribue à prouver, contrairement à une opinion courante (cf. t. II, p. 71-4), que les empereurs y ont trouvé la propriété privée fort développée. En particulier pour les mines (de fer et de cuivre), il y en a de considérables qui appartiennent à des particuliers, à des cités, aux Trois Gaules (Hirschfeld, Verw., p. 158-9); de même, pour les carrières (C. /. L., Xlll. 38).
3. Voyez, sur Versailles, le juste et vijroureux jugement de Lavisse, Histoire de France, '\n. II, 1906. p. 1.Ï7-9.
4 P. 172-173, 84-87 et t. V. — On a calculé qu'un mille de routes romaines revenait à 100 OÛÛ sesterces, 2.5 000 francs (.Marquardt, Staatsv., Il, p. 92, d'après C. /. L.. IX, 6072, 0075). A ce compte, le réseau d'Agrippa (p. 84-85) a du coûter au moins 50 millions de francs.