T. III, p
9. Colonia Oclavanorum Pacensis (ou Pacalum) Forum Julii. Pline. 111, 33; C. 1. L., XII, 3203. Vctere et inlustri colonia. Tac. Agr.. 4. Le surnom de Classica {(pue et Classica. Pline) est sans doute postérieur et du temps d'.Vugusle (p. 80). L'épi- Ihète de Pacensis peut venir (comme la précédente) de ce que la (lotte vaincue y fut envoyée après .\ctium, c'est-à-dire au moment de la paix générale (Tac, Ann., IV, 5). — Il serait possible que César eût cumiié à Fréjus. par exemple eu 49 (t. III, p. 578 et 002).
Siilyens '. D'autres colons, légionnaires ou soldats auxiliaires, occupèrent (h-ange chez les Cavares duComtatVenaissin-, Vienne chez les AlIobroges^Valence chez leurs voisins les Ségovellaunes'\
1. Colonia Julia Paterna [cf. p. 31, n. 5] Arelatc Sexlanonini. C. I. L.. Xll. p. 83; l>linp. 111. 36: Suét.. Tib.. 4 (p. 31. n. 3).
2. Colonia Firma Julia Sccundanorum Arausio. C. I. L., XII. p. 132. — Colle-ci, à la dilTerciicp (.les (jualre autres colonies de légionnaires, fut constituée par une légion, la 11% dont on ne trouve pas trace dans les campagnes de Gaule. C'est une vieille légion d'Espagne {De b. Alex.. 53. 4-5; o4. 3; 57, 1. 3). — On a dit que les li.is-reliefs de l'arc d'Orange (Espérandieu. n" 260) faisaient allusion au siège de Marseille (S. Reinach, Acad. des Inscr., C. R., 1909, p. 513 et s. ; Rev. arch., 1912, 1, 11. 337 et s.). Si cela était, il ne pourrait s'agir que des bas-reliefs représentant des trophées maritimes, car dans les autres ce sont armes et équipemenls gaulois, différents de ceux que pouvaient porter les Ligures auxiliaires de Marseille dans ce siège (t. 111, p. 582). Toutefois, on aper(;oit maintes objections à cette thèse. La W légion ne prit point part à ce siège. Esl-il certain que l'arc soit contemporain de la fondation de la colonie? dans ce cas, il n'eût pu être achevé que sous Octave, et celui-ci eùt-il permis cette allusion à la défaite d'une ville alliée du sénat? L'histoire du siège de Marseille ne comporte pas de combats de cavalerie, et c'est surtout ce que représentent les scènes des bas-reliefs: elle comporte des combats autour de murailles, portes, tours, machines, et il n'y a rien de ce genre sur l'arc. Il y eut jadis, sous César. Auguste et Tibère, tant de batiillcs contre les Gaulois et les Germains, qui leur ressemblaient, tant de guerres maritimes (contre Antoine ou Sextus Pompée et sur les (leuvcs du Nord), que bien des circonstances de ce genre ont pu pravoquer l'érection de ce monument, avec son double système de trophées, maritimes et barbares. Le point de départ de cette théorie est le texte d'un écrivain chrétien du v" siècle (Pseudo-Rulin ou Vincentius?. In Psalmos, XV, .Migne, P. L., XXI, c. 696) : L'nde Aiirasicœ in arcii triiunphall Masiilienss belUim scalplum habeliir. Mais, comme certainement le nom de Marseille ne fut pas gravé sur le monument, l'écrivain a dû se borner à faire une hypothèse. — Voyez, sur ces questions, l'excellent résumé de Châtelain, Les Monuments romains d'Orange, 1908, p. 43-87.
3. Que Vienne ait reçu de César le titre de colonie, cela peut être tiré, sans certitude, des arguments suivants : 1° elle est appelée C 1 Y, colonia Julia \';enne:isium, sur des monnaies d'Octave antérieures à 27 av. J.-C. (de La Saussaye. p. 129; Cab.. n"' 2938-52: monnaies à la proue); 2° Tacite (//.. I, 66) parle de veluslas dignilasquc coloniœ; 3° de même, Claude (C. /. L.. XIII. 1668. 2, 10), longo jam lemporc; 4" sa mention par Pline (III, 36), qui ne nomme pas des colonies d'.\uguste en Narltonnaise. Il est certain, d'autre part, que la colonie n'eut pas, avant Caliguia, la pleine cité romaine (cf. p. 257. n. 2). D'où l'on peut conclure, pcjt-ètre qu'elle fut d'abord colonie latine (p. 244-5; cf. p. 77, n. 1), et en tout cas constituée à l'aide de soldats ou chefs auxiliaires de César, peut-être des Allobroges mêmes (cf. p. 27) : je verrais volontiers une allusion à cela dans le mot de Straboa (IV, 1, 11), o'. iTZ'.z^xviTxxro:... y.jcTSjy.Eji/.aai uoXt/, et peut-être est-ce ce qui explique le mot de Pline, disant colmiœ... Arelale Sexlanorum et ]'icnia Allobroijum. — C'est sans doute parce que Vienne a été colonisée par des indigènes qu'il n'y a pas eu là, comme dans les précédentes colonies de César (p. 33. n. 0), morcellement du territoire allobroge. — Cf., en un sens diiïérent, Ilirschfeld, XII, p. 218, et, plus près de notre explication. Kornemann, c. 542.
4. Peut être conclu, avec doutes, de ce qu'elle est citée par Pline, III, 36 ici, p. 31, n. 3i; Ptolémée, 11, 10, 7. Cf. llirsihfeld, XII. p. 207.
Sauf à Fréjus, qui fut une cité neuve, bâtie tout entière sur un sol rural et sous le nom même de César [Forum Jnlii^), les légionnaires n'eurent point à créer des villes, mais à en transformer. A Narbonne, vieille cité romaine, les hommes de la X" vinrent simplement grossir le nombre des colons envoyés là par le sénat au temps des Gracques-. A Béziers, à Arles, à Vienne, à Orange, les vétérans trouvaient d'antiques bourgades gauloises, déjà riches et peuplées ■' : elles gardèrent leur site, leur nom, leurs habitants indigènes. Mais les vrais maîtres du pays furent désormais les colons romains; les villes doublèrent d'étendue, s'ornèrent d'édifices et s'entourèrent de remparts qui les firent ressembler à des images de Rome\ A côté de leur nom traditionnel, elles prirent des titres d'honneur qui rappelaient leurs fondateurs, César et ses soldats : Arles, par exemple, fut désormais « la colonie Julienne de la VP légion », colonia Julia Sextanorum'\
Chacune des villes colonisées par César appartenait à une peuplade différente, Arles aux Salyens, Béziers aux Volques, Vienne aux AUobroges. Dès lors, ces colonies vont servir de centres à ces nations''. Les grandes peuplades gauloises auront pour capitale une ville romaine, qui dirigera la vie du pays et de ses hommes, de la même manière qu'Athènes avait fini
1. Avant d'èlre colonisée par César, la localité dut être, lors de son proconsulat, constituée par lui en marché; cf. Forum Doinitii, t. III. p. 36.