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Nous ne verrons jamais, entre le Rhin et les Pyrénées, de ces clans ou gentes comme il en persista si longtemps en Espagne et en Afrique*. La civitas, depuis Auguste, est le cadre unique de la vie politique dans les Gaules-, et il n'y a pas de contrée en Occident où elle ait pris une forme aussi parfaite, des contours aussi réguliers \ Il fallait bien quelle répondît à la nature du pays et à la marche de son histoire, puisque, trois siècles après le grand empereur, rien n'était encore changé à l'ordre qu'il avait établi dans la géographie politique des Gaules. Aucun de ses successeurs n'eut le désir de mettre dans la carte des peuples gaulois plus de proportions ou d'équivalences '\ L'idée ne leur vint jamais, de donner à tous les territoires municipaux une étendue ou une valeur pareilles. Ils laissèrent les hommes groupés suivant leurs habitudes, ici dans des cités médiocres, là dans des cités grandes comme des empires. On ne toucha plus aux Silvanectes, petit peuple de quelques milliers d'habitants, petit territoire de quelques dizaines de mille hectares, enfermés dans les forêts de l'Ile-de-France, serrés autour de leur bourgade de Senlis". Et on ne toucha pas davantage aux Eduens, peuplade toujours énorme, où dix à douze tribus % près d'un million d'hommes, plus d'un million d'hectares, s'unissaient sous les ordres de la ville immense d'Autun. Même dans le Midi, où la fondation de colonies avait amené le morcellement