‹ Histoire de la Gaule (volume 5)Chapitre 410 sur 792 · LE TERRITOIRE MUNICIPAL · texte numérisé non relu

LE TERRITOIRE MUNICIPAL

de grandes peuplades et permis un peu plus de proportion entre les territoires municipaux, il resta encore de singuliers contrastes. Chez les Volques du Languedoc, on put constituer sept communes coloniales, Toulouse, Carcassonne, Nîmes, Béziers, Lodève. Narbonne et Substantion, la mère de Montpellier*; il y en eut jusqu'à cinq chez les Cavares du \'aucluse, Orange, Cavaillon, Apt, Carpentras et Avignon, qui tiennent aujourd'hui dans un seul département-; et en revanche, il n'y en eut qu'une seule, Vienne, chez les Allobroges, lesquels occupaient tout le Dauphiné et Genève même, la valeur de trois départements'. Mais là encore, la tradition gauloise s'imposa aux empereurs : même en installant leurs villes neuves, ils ne voulurent point établir des frontières nouvelles et rompre les cadres séculaires. S'il y eut tant de colonies en Languedoc et dans le Vaucluse, c'est que Volques et Cavares étaient des peuplades fort peu homogènes, déjà prêtes, avant l'arrivée des Romains, au démembrement qu'entraîna l'établissement des colons*. Et si l'on ne brisa pas la nation des Allobroges, si on respecta son unité et sa grandeur avec un scrupule presque religieux, c'est qu'elle était la plus solide et la plus fière de toutes les cités celtiques du Midi".

En général, les petites cités étaient rares, sauf aux abords de la Méditerranée, dans les vallées des Alpes et des Pyrénées, dans la Belgique des grandes forêts, c'est-à-dire dans ces régions extrêmes de la Gaule où le sol se prêtait davantage

1. P. 31 et 77, n. 2 et 3. Encore faut-il remarquer que le démembrement a porté surtout sur les Volques Arécomiques, les Volques Tectosages n'ayant donné lieu qu'à Toulouse et Carcassonne. — Deux colonies chez les Salyens de la Provence. Arles et Aix, p. 31 et 78.

Page 1