Cliens se disait d'un alTranchi, p. 370, n
que les esclaves, presque autant que les parents eux-mêmes. Ce sont eux, bien souvent, qui élèvent le mausolée de leur ancien maîlre'; la gardç leur en est d'ordinaire confiée-, et plus d'une épitaphe de grand seigneur ne renferme point d'autres noms que celui du défunt et ceux de ses affranchis \ Beaucoup d'entre eux furent, après leur décès, rapprochés les uns des autres et réunis à leur patron dans une seule tombe*. Il semble qu'il existât, entre les affranchis d'un même homme {colliberti)'^ et entre eux et leur seigneur, un accord éternel ou sacré dont la mort faisait apparaître toute la forcée Je ne dis pas que ce fût particulier à la Gaule : mais en Gaule, cette habitude ressembla à l'antique coutume de la dévotion, qui associait le chef et ses fidèles dans de communes funérailles. Jadis, tous mouraient ensemble'. Maintenant que la vie est plus aimable, chacun part à son heure : mais tous, au delà du tombeau, ne s'en retrouveront pas moins dans une patrie nouvelle.
A chaque instant, dans le cours de cette histoire de la Gaule romaine, nous apercevons une transition ou une ressemblance entre les institutions qu'elle quitte et celles qu'elle reçoit : rien ne diffère plus d'une révolution sociale que la manière dont elle est passée au droit nouveau •'.