‹ Histoire de la Gaule (volume 5)Chapitre 482 sur 792 · Cf. p · texte numérisé non relu

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Des écrivains récents' nous ont représenté ce droit comme ayant transformé de fond en comble les conditions du sol et le système de la propriété dans le monde celtique. Avant la conquête, ont-ils dit, point de propriété foncière pour lindividu ou la famille : c'est le régime de la communauté des terres, et la cité est seule maîtresse du sol, de ses forêts et de ses cultures. Après l'arrivée des Romains, c'est le lotissement du sol entre les Gaulois, et ce sont des milliers de domaines qui se forment dans toutes les régions de notre pays-. Une opération de ce genre, embrassant soixante-dix millions d'hectares, changeant cent mille hommes en propriétaires, serait peut-être le fait le plus important de notre histoire nationale, la révolution la plus complète et la plus rapide qui aurait jamais bouleversé d'un seul coup la vie des familles, la structure de la société et la condition de la terre. — Il n'est plus besoin de réfuter cette théorie : contraire à tous les textes et à la marche normale des choses dans le passé de la Gaule, je ne la rappelle ici que pour regretter le mal qu'elle a fait en dénaturant la façon d'envisager l'histoire : car elle a mis une sorte de catach^sme social et politique là où nous ne devons apercevoir qu'une lente évolution du droit et des mœurs.

Les riches Gaulois, au temps de César, possédaient de vastes domaines; le régime du sol ne différait point alors, sur ce versant des Alpes, de ce qu'il était en Italie, où dominait la grande propriété. Que beaucoup d'entre ces hommes aient été expropriés par Jules César, et leurs terres confisquées au profit de ses compagnons^ ou de l'Etat romain", c'est fort probable.

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