‹ Histoire de la Gaule (volume 5)Chapitre 483 sur 792 · T. II, p. 71 et s · texte numérisé non relu

T. II, p. 71 et s

2. .< La division de la Gaule en propriétés immobilières individuelles date de l'époque romaine •; d'Arbois de Jubainville, Recherches sur l'origine de la propriété foncière, 1890, p. 125.

■i. César, De b. civ., III, 59, 2 {agros ex hostibus captas).

4. Domaines impériaux, p. 235, n. 4 : encore avons-nous soupçonné leur peu d'importance en Gaule (p. 312, n. 2).

Mais, pour passer à de nouveaux maîtres, un domaine n'en continuait pas moins sa vie propre.

Je crois qu'il avait reçu, bien avant la conquête, ses éléments essentiels' : la demeure seigneuriale au centre- et non loin de la source, les communs près d'elle, en avant les terres de culture, en arrière et tout proche les parcs et les bois. L'influence des mœurs latines changera bien des choses au château du maître : à la charpente des murailles succéderont la pierre et la brique; les façades s'orneront de marbres, les parois, de peintures, et les sols, de mosaïques^ Mais il gardera sa place sur le terrain, il commandera toujours aux mêmes terres, comme la ville commande à sa cité". Et si un grand domaine se morcelle, s'il se constitue de nouvelles propriétés, elles répéteront le tj'pe consacré, imposé par la nature des choses.

De même que la famille, le domaine a son nom propre, qui dure à travers les âges, passant, avec la terre, du père au fils ou du maître au maître. On a dit que ces noms de terres, dont beaucoup nous sont connus, datent tous de l'époque romaine. Je n'en suis point convaincu. Voici un domaine qui s'est appelé Brinnacus, ce qui signifie « bien de Brennus » '■' : c'est

1. Ce qui suit, d'après Caton et d'après l'aspect ordinaire des domaines en -acus (p. 376, n. 1), qui doivent être d'anciens domaines de Gallo-Romains. Comparez, par exemple, les expressions de Caton {De agri cuUura, 1) à la situation de la villa de Taverny (Tabemiacus, diplôme de 754, Dipl. Karolina, p. H) en Seine-et-Oise, adossée au nord à la forêt de Montmorency [sub radiée inontis). précédée au sud (in meridiem spectet) par les terres de culture qui Unissent à la voie romaine de Pierrelaye (de Paris à Rouen, via bona celebrisque). Varron, Res rust., I, 11-12.

2. Je ne serais pas étonné que le mot de mediolanuni (= « caput « ou •■ centre •), qui a formé tant de noms de lieux en France (Uolder, II, c. 497-521), eût parfois désigné le centre d'un très grand domaine, l'équivalent gaulois de la villa urbana ou du prœtorium des temps romains, du capmas, cammas médiéval; cf. Du Gange, au mot caput inansi et mots similaires, et Mistral, au mot Cap-mas.

3. Cf.. entre autres. Grenier, Habitations gauloises et Villas latines dans la cité des Médioinatrices, 190(5, p. 122 et s. Voyez aussi Blanchet, Étude sur la décoration des édifices de la Gaule romaine, 1913.

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