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communication, l'extension des échanges avec tout l'Empire, font croître cliaque jour la quantité des travailleurs de cette sorte, de ceux qui demandent la fortune, non pas à la terre, mais à l'argent et à la marchandise '. Ajoutez enfin à ces hommes ceux des professions libérales, médecins, philosophes, avocats, juristes, maîtres de grammaire ou de rhétorique, sculpteurs, peintres, architectes, ingénieurs, tous personnages de plus en plus estimés et nombreux dans les Gaules, eux aussi habitant dans les Ailles-. Et cette double bourgeoisie, d'affaires et de capacités, sera désormais assez forte pour tenir tête à la noblesse terrienne de l'endroit.
En outre, par-dessous propriétaires et marchands, le prolétariat libre ne cesse de s'accroître. Pour se rendre compte de son importance, il suffit de voir, dans toutes les villes de la Gaule, immenses ou humbles, ces énormes bâtisses pour spectacles, théâtres et amphithéâtres, qui s'y sont dressées en moins de deux siècles : plusieurs milliers de spectateurs prenaient place dans les plus petites, vingt-cinq mille dans les plus grandes ^ Cela oblige à supposer, dans la population urbaine, bien d'autres gens que des riches, des bourgeois et des esclaves. Il faut, sur ces gradins à perte de vue. loger une multitude redoutable de « commun peuple », ouvriers, gagne-petit, pauvres gens ou assistés, auxquels les cités, comme les empereurs à Rome, accordaient l'aumône de jeux publics. Voilà encore de quoi faire équilibre à la force de la grande propriété familiale.
Enfin, ce qui donnait alors une énergie nouA'elle à ces prolétaires ou à ces bourgeois des villes, c'est qu'ils ont le droit de s'unir en sociétés permanentes, et qu'en face des familles de propriétaires se dressent les confréries de petites gens et les collèges de marchands.