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municipale, dans l'Empire romain, c'était de plus en plus l'expédition mécanique et monotone de quelques ufTaires de bureaux.
Restait la famille, celle-ci toujours attirante pour les hommes, renouvelant sans trêve son éternelle jeunesse par les joies intenses de ses passions ou les douces accoutumances de son foyer. Mais la famille ne suffit pas à l'instinct d'activité que l'être humain porte en lui. Il faut à un homme, si modeste et si timide qu'il soit, un peu de la vie du dehors, de l'air que respirent les autres, du bruit qu'ils font et des paroles qu'ils prononcent. Joies de maison et joies de rue. il a besoin des unes el des autres; et, malgré sa dévotion aux Lares de sa famille et aux Pénates de sa maison, il portera aussi ses prières aux Génies des carrefours.
La confrérie fut là pour satisfaire à ses aspirations, pour l'accueillir et l'abriter. Le pauvre ou l'artisan rencontrait chez elle quelques êtres pareils à lui, ses compagnons de métier, ses frères de misère. 11 parlait avec eux de sujets qui n'étaient plus la femme, les enfants et le ménage; il adorait des dieux moins ternes et moins vulgaires que ceux de son foyer; il voyait enfin un autre horizon que les murs de sa demeure, il se sentait un autre homme, il dédoublait sa vie et sa pensée : ce qui, à de certaines heures, est pour nous tous un désir auquel on ne résiste pas'.
Tout devint donc, pour les habitants de l'Empire, un motif à fonder un collège : — les intérêts économiques : fabrication, transport ou vente de marchandises-; — les relations professionnelles : métier à protéger^ ou carrière à suivre' ; — les affaires
1. Voyez également, là-dessus, Renan, Marc-Aurcle (HisL, VU), p. 643-5.
2. P. 387, n. 1-4, p. 401, n. 1-5; peut-être p. 399, n. 4-8, p. 4(J0, n. 1-2.
3. Mêmes corporations de marchands que dans la n. 2. Pour les corporations d'ouvriers et autres, p 387. n. 2 et 4, p. 399, n. 4-8, p. 400, n. 1-2. Pour les carrières libérales : avocats ou forenses (s'il y a confrérie), à Arles (XII, 697 ; cf. 689: je doute qu'il s'agisse des boutiquiers du forum de celte ville) ; mcdici el professores ensemble, il Avenches (XIII, 5079); association d'artistes de Bacchus ou autres, section de Nîmes {sacra synhodus thymelica, p. 404, n. 1); corpus scœniconiin et autres, faisant partie de la maison du Viennois Asiaticus (C. /. L., XU, 1929; p. 382, n. 5).
4. Scholastici ou étudiants, à Arles, 714. 12 (si c'est une confrérie) : on a traduit aussi par « rhéteurs >> ou « grammairiens ».
IMPORTANCE DU COLLÈGE A LA PIN DL MONDE ANTIOfE. 391
de quartier ou de village : entretien des ouvrages dutilité commune'; — les croyances religieuses : adoration d'un dieu, service d'un temple, célébration de fêtes-, pratique d'une philosophie^; — l'assistance : secours mutuels ou garantie d'une sépulture '^ — le plaisir enfin : chasse ', jeux^. sports ' et banquets ^ Il y eut des sociétés fort nombreuses, et d'autres qui ne comportaient que quelques membres'; il y en eut qui possédèrent d'immenses capitaux '^ et d'autres où il n'entra que des esclaves ou des misérables''. On vit des collèges de soldats'-, de jeunes gens '\ de vétérans '^ d'affranchis '% d'employés