‹ Histoire de la Gaule (volume 5)Chapitre 496 sur 792 · IMPORTANCE DU COLLÈGE A LA FIN DU MONDE ANTIQUE · texte numérisé non relu

IMPORTANCE DU COLLÈGE A LA FIN DU MONDE ANTIQUE

raisons que les propriétaires fonciers pour aimer cet Empire, sa paix et son unité : c'est à lui qu'elles devaient l'existence; leurs intérêts matériels résidaient surtout dans des biens qui venaient de lui. la sécurité du commerce et l'intensité de l'industrie; elles n'étaient pas enfin, autant que la noblesse gauloise, attachées au sol et à ce qu'il imposait de souvenirs et dhabitudes. Rome trouvait en elles un appui naturel, tout comme les anciens rois de France, pour contenir la bourgeoisie des grandes communes, ont parfois protégé contre elle les humbles confréries d'artisans'.

En dehors de l'action des pouvoirs publics, un mouvement irrésistible entraînait les humains vers cette forme de la vie commune. Les autres genres de sociétés, cité, famille. Empire, n'exerçaient plus sur la majorité des êtres une influence souveraine.

Le royaume de César otfrait assez peu de séductions aux petites gens. Leurs regards se perdaient dans cet horizon sans bornes. Admirer la grandeur du nom romain, célébrer le miracle de l'unité humaine et la merveille de la cité universelle, c'était affaire de poète, de dévot, de philosophe ou d'homme d'Etat- : les humbles avaient besoin, pour se sentir moins perdus sur la terre, d'une patrie dont ils connussent tous les membres '.

Il y avait bien la cité. Mais elle demeurait encore, surtout dans les Gaules, une chose trop vaste*. En outre, depuis des siècles qu'elle existait, là ou en Orient, elle était devenue une si vieille habitude, que déjà quelques-uns ne s'y intéressaient plus. Tout ce qui avait fait sa jeunesse et sa gloire était disparu : plus ilarmes.de libres réunions, d'émeutes et de beaux discours. La vie

1. Gela m'a paru être le cas de Louis XI à Bordeaux : Jullian. Hisl. de Bordeaux, p. 313; en général, Sée, Louis XI et les Villes. 1891, p. 310. Et il serait possible que telle eût été, dans la Gaule. la politique de Tibère, assez peu favorable aux cités (p. 155, n. 3), et qui parait raiiii des corporations (p. 308;.

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