‹ Histoire de la Gaule (volume 5)Chapitre 50 sur 792 · FOXDATIOX DES COLONIES DE LYON ET DAUGST · texte numérisé non relu

FOXDATIOX DES COLONIES DE LYON ET DAUGST

La mort de César (13 mars 44)% les querelles sanglantes que provoqua sa succession, compromirent l'unité de TEmpire et le régime monarchique. Mais elles rendirent au peuple romain le

1. Pour l'histoire générale de l'Empire : Lenain de Tillemont, Histoire des empereurs. 1" éd., in-4. 5 v., 1699-1701, et VI, 1738; Crevier, Hist. des emp. roin.. 6 V., 1750-6 (nullement à dédaigner): de Chanipagny. Études sur les emp. rom.. 12 V. in-12. 1870-8: Duruy, Histoire des Romains, éd. in-8, III-VII, 1871-85: éd. illustrée, in-4. IV-VII. 1882-5: Schiller, Geschichte der rœmichen Kaiserzeit, 1883-7; Goyau. Chronologie de l'Empire romain, 1891 (rend de très grands services): von Domnszewski, Geschichte der ra'm. Kaiser. 1909. Pour les chap. II-V : Peter. Geschichte Roms, 111, 1867 et 1869 (va jusqu'à Commode); Asbach, Rœm. Kaisertum, Cologne. 1896. Pour .\uguste, Gardthausen, Augustus und seine Zeit, 1891-1904.

2. Jullien. Histoire de L. .Munatius Plancus, 1892; Allmer, Musée de Lyon. II, 1889, p. 137 et suiv. : de La Tour, Note sur la colonie de Lyon. Acad. des Inscr., C. R.. 1901, I, p. 82 et s. Comme histoires de Lyon, en dernier lieu, Steyert, Nouv. histoire de Lyon, 1, 1895: pour les histoires antérieures, Charléfy. Bibliographie critique de ^histoire de Lyon, I" p.. 1902, surtout p. 23 et s.: comme revues. Revue du Lyonnais, depuis 1835, et Revue d'Histoire de Lyon, depuis 1902. Pour Augst ou Bàle. en dernier lieu : Burckhardt-Biedermann, Zeitschrift fur die Geschichte des Oberrh<'ins. n. s.. XXIV. 1909. p. 391 et s.: le même, Die Kolonie Augusta Raurica, Bàle, 1910.

3. A ce moment, la Gaule était encore gouvernée par Hirtius (cf. p. 30, n. 2). Elle ne tenta aucun mouvement : De Gallia... Germanos illasciue nationes, re audita de Cœsare, legatos misisse ad Aurelium [officier inconnu], qui est prxpositus ab Hirtio,

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double service de lui faire oublier le rêve des conquêtes lointaines et de l'intéresser aux actes utiles de la politique intérieure.

Les premiers actes qui furent accomplis dans la Gaule, sont précisément ceux qui devaient régler à tout jamais sa manière de vivre comme province. Quelques mois après la fin du dictateur (en 43)', le sénat décida la fondation de deux colonies dans la Nouvelle Gaule, ou, comme on disait alors, dans la Gaule Chevelue - : Tune à la frontière, celle d'Augst, près du coude du Rhin, l'autre au centre, celle de L)'on, proche le con-

se, quod imperatum esset. esse facturos: Cic, Ad Alt., XIV, 9: cf. XI\', 1, 1 ; 4. Hirlius fut cependant obligé de faire à beaucoup de cités des larjiesses et des concessions [prœmia, octroi de titres ou privilèges?; p. 249-250), que Plancus renouvela Tannée suivante (Cic, Ad fam., X, 8, 3). — On trouve chez les Renies et les Trévires des monnaies à son nom (Gab., n°' 7359, 8086-93, 9233-42; Blanchet, Traité, p. 382-4). — 11 semble ([u'il ait été alors question de réintégrer Marseille dans ses possessions (Cic, Ad Att.. XI V, 14, 6; PhWppiques, XIII, 15, 32: cf. t. III, p. 601). En tout cas, il y eut, pour confirmer ou élargir la liberté que lui avait laissée César, des mesures prises par ses successeurs, Lépide, Antoine ou Octave (o't u.£t' ày.ctvov r,y£aôvE;. Strabon, IV, 1, 5). Cf. p. 249, n. 6.

1. Voici comment Dion raconte les faits (XLVI, 50. 3-5). — Le sénat a appelé à son secours contre Antoine les deux gouverneurs de la Gaule, Plancus et Lépide (cf. p. 511, n. 1). Puis, inquiet à leur endroit après la trahison de M. Junius Silanus, légat (arpaTcap/o?) de Lépide (entre le 14 et le 21 avril), il leur enjoignit, pour les arrêter, de fonder Lyon. — Comme il est impossible que le sénat ait improvisé cette fondation au milieu de ces guerres civiles, il faut bien admettre qu'elle ait été décidée depuis longtemps. — Il me parait également difficile que l'on y ait procédé tout de suite, vu que Plancus et Lépide avaient tout autre chose à faire (p. 50, n. 1), même s'il ne s'est agi que d'une simple cérémonie, initiale ou terminale. J'incline à croire (avec Jullien, p. 120-3) que les actes essentiels de la fondation ont été accomplis après la mise hors la loi de Lépide (30 juin 43) et avant la formation du triumvirat (novembre), et qu'ils le furent par Plancus seul : car tous les documents qui relatent celte fondation, ne parlent que de lui : C. I. L., X, 0087; Jérôme et Eusèbe, année d'Abraham 1992, p. 141, Schœne; Suétone, lieliquiœ, p. 289, éd. Roth : Sénèque, Ad LucUium, 91 [-^IV^ 3], 14; id., De morte CL, 6 [lire Munati au lieu de Marci] (cf., sur ce texte, l'édition Allan Perley Bail, 1902, p. 180-1); les monnaies de Lyon à la légende Copia Félix Munalia (de La Tour, Ac. des Inscr., C. R.. 1901; Blanchet. Rev. mm., 1901, p. 331-2. et Traité, p. 427-8; Willers. Num. Zcitschrift de Vienne, 1902, p. 05 et s.). —J'hésite beaucoup à voir, dans les fameux médaillons du Génie de Lyon (Décheiette, Vases céramiques, II, p. 270 et s.), Plancus et la scène de la fondation : c'est bien plutôt (juelque scène de sacrifice local et périodi([ue. Cf. p. 514, n. 4.

2. Gallia Comata : Dessau, Inscr. Lat. sel., n" 910; Suét., l. c. ; Pline, IV, 105; Jérôme, L c. ; .Mêla, III, 20; Lucain, I, 443. — Gallia iillima : Cic, PhiL, V, 2, 5; Vil, 1, 2. — T/-,v 'fto/.r,Tz-o'/ Tx/aTiav : .\ppien. De b. c, II, 48, 197; Nicolas de Damas, Vit. Cœs., 28, p. 450, Didot.

Huent du lihùne et de la Saône; et il confia l'affaire à Munatius Plancus', proconsul de la province-.

La colonie d'Augst prit le nom de h'aitrica\ qui était celui de la petite peuplade alors installée dans le pays de Bàle \ Pour comprendre la nouvelle cité, qu'on regarde, à quelques milles de là, cette ville de Bàle, héritière de la colonie de Plancus. Comme Jiàle, Raurlca fut bâtie près de la rive méridionale du Rhin, à la sortie de la trouée de Belfort, à l'arrivée des lacs de la Suisse, face aux routes qui viennent d'Alsace et de Souabe : elle protégeait la lisière de l'Empire contre les menaces des Suèves% elle fermait aux invasions germaniques la porte de la Gaule la plus ouverte de toutes °, celle qui avait livré passage aux Cimbres et à Arioviste". Augst était le premier et le plus important secteur de cette longue et forte enceinte de murailles qui marquera bientôt, du côté des Germains, la frontière de la Gaule romaine ^

En bâtissant la colonie de Lyon, c'était son centre et sa

3. La fondalion est mentionnée seulement par l'épltaphc de Plancus (X, G0S7) : In Galiia colonias deduxit Lugudunum et Rauricain. Elle est sans doute antérieure à celle de Lyon, et des premiers temps de 43. Colonia Raurica [var. Rauriaca], Pline, IV, 100; oppidum Rauricum, IV, 79. Depuis Auguste, Augusta Rauricorum (PtoL, IV, 9, 9; etc.). Etc. — La (luestion se pose, pour Augst comme pour les colonies de César (p. 33, n. G), dans ([uels rapports elle se trouvait avec les Rauraques. Le fait ([u'elle s'est appelée Raurica indiquerait une incorporation; mais le texte de Pline (IV, 106), qui distingue la colonie et la peuplade, permet de supposer, comme à Nyon (p. 36, n. 1) et à Lyon (p. 46, n. 8), la coexistence de Tune et l'autre respublica, chacune avec son territoire; cf. en dernier lieu, et dans ce sens, Burckliardt-Hiedermann, Die Kolonie Augusta, p. 17-8.

4. Rauraci, autre lorme du nom. Cf. t. H, p. 7, p. 521, n. 1, t. III, p. 516, n. 2. — J'ai idée qu'elle prit ce nom parce qu'il y avait à Augst une source ou un sanctuaire au nom de Raurica; cL dea S ege ta chez les Ségusiaves (C. /. L., XIII, 1641 et 1646), la déesse Dexivia (C. I. L.. XII, 1062-4) chez les Dcxuiites (Pline. III, 34; ici, l. II, p. 012, n. 4), etc.

5. Cf. t. III, p. 148. Et aussi des Réles, qui pouvaient arriver en descendant soit le Hhin soit la Limmat (cf. p. 49, n. 4).

G. T. I, p. 54. Voyez à Augst (Basel-Augst) la vallée de l'Ergolz, qui mène aux lacs suisses, et que suit une voie romaine. — Il est possible quAugst, Nyon (p. 30) et Lyon se rattaciieut à une môme ligne niilit;iire, imaginée par César.

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