FONDATION DES COLONIES DE LYON ET D'AUGST
capitale qu'on indiquait à cette même Gaule'. Que, devant Fourvières, comme devant la colline d'Augst, les fondateurs de Lyon, Plancus ou les commissaires du sénat, aient songé surtout à la protection militaire du peuple romain, c'est très probable. La forteresse allait surveiller les routes des Alpes, elle servirait de trait d'union entre les camps de la frontière et les colonies de la Xarbonnaise - : voilà d'abord l'Italie assurée
contre un retour des Barbares de l'Occident. Lvon. ensuite, est
la tête de ligne pour toutes les routes qui gagnent, vers l'ouest, la Loire et la Seine : si la Gaule Chevelue se révolte, c'est la nouvelle colonie qui la maîtrisera; elle la commande, disait un Ancien, à la manière que l'acropole domine une cité*.
Mais un autre rôle, pacifique et grandiose, fut réservé à la cité de Lyon. Une colonie n'était pas seulement une citadelle de l'Empire, utile par ses remparts et par ses vétérans". Elle était aussi un foyer de vie romaine, emprunté au feu éternel qui brûlait devant le Gapitole'\ Ses citoyens, tous membres de l'Etat, son sénat, ses magistrats, ses lois, décalque des lois nationales, ses rues même, ses temples et ses édifices, faisaient d'elle l'image de la cité maîtresse. Toute colonie était une nouvelle Rome*^. C'est donc, sur le coteau de ?'ourvières. au-dessus du Confluent, à cette rencontre de toutes les routes de la contrée, à ce point prédestiné pour être l'ombilic d'une grande nation, c'est là que les vainqueurs bâtissent maintenant la Rome des Gaules. De là, la culture gréco-latine rayonnera