‹ Histoire de la Gaule (volume 5)Chapitre 509 sur 792 · LE COLLEGE PAR RAPPORT A L ÉTAT · texte numérisé non relu

LE COLLEGE PAR RAPPORT A L ÉTAT

Cela se comprend, et tous les gouvernements modernes ont agi comme l'Empire romain, soustrayant à la connaissance des magistrats municipaux les moindres détails de la vie des associations. Tout collège qui se créait, n'était-ce pas un être public qui apparaissait, et qui pouvait, grandissant peu à peu, devenir un danger pour la ville oîi il s'abritait et dont l'Etat romain avait la garde '? Une confrérie est un asile tout prêt pour une faction : on l'avait vu dans la Rome républicaine, que les hétairies entraînèrent aux pires discordes-; on avait vu quelque chose de semblable dans la Gaule indépendante, et César s'était hâté de déclarer que l'Empire romain serait incompatible avec le désordre municipale La peur de ce désordre fit la sagesse du droit impérial % et toute association humaine, la famille mise à part, n'existe que par lui et demeure sous sa tutelle.

Les documents qui nous font connaître les corporations gauloises se réduisent à des inscriptions, très courtes et très sèches. Cependant, elles nous montrent bien ce lien étroit, de tutelle et de dépendance, qui, en dehors des pouvoirs locaux, unissait directement les collèges et l'empereur. On voit les plus puissants d'entre eux, ceux des « nautes d'Arles », correspondre avec les agents de l'empereur et défendre eux-mêmes leurs intérêts menacés par le fisc '. Les « nautes parisiens » votèrent

à Tacle de faire occuper un lieu public ou un temple par une troupe irhoiumes armés; cf. Waltzing, I, p. 136-7.

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