LES ÉGLISES CHRÉTIENNES
c< assemblées » ou « églises » ' chrétiennes étaient, dans leur principe, des sociétés municipales, et les sectateurs du Christ acceptaient volontiers les conséquences de ce principe-. Ils disaient couramment « l'église de Lyon » ou « l'église de Vienne »^ Chacune de ces confréries se faisait peu à peu son histoire, elle avait sa vie particulière, elle développait son amour-propre. Dès le début du monde chrétien, le patriotisme de diocèse se forma avec une rare intensité*, comme si quelque chose de l'antique énergie des cités avait pénétré dans l'assemblée des Chrétiens du lieu.
Mais, à la différence d'un collège d'Isis ou d'une confrérie de charpentiers, cette assemblée ne cesse de regarder bien au delà de l'enceinte de la ville et des frontières de la cité, jusqu'aux dernières limites de l'horizon des hommes : le souvenir de son origine, la nature de ses ambitions, ses affections les plus fortes, la détournent de la vie locale. Semblable en cela à un couventus de Romains et à une synagogue de Juifs, elle n'est point sortie spontanément du sol municipal, elle a été fondée par des « envoyés » venus de très loin, cherchant à créer partout de nouvelles fraternités ^ : l'église de Marseille est peut-être l'œuvre de saint Paul ^ celle de Lyon fut sans doute établie par des Chrétiens d'Asie". Puis, à peine constituée, une assemblée
benam, p. 264 et s.; en dernier lieu Waltzing {Bull, de VAc. roy. de Belijique, classe des Lettres. 1912. p. 387-401) : celui-ci, développant la pensée de Duchesne {Hist. anc. de l'Église, I, 1906, p. 381-7), a montré que, contrairement à Topinion acceptée depuis de Rossi, les églises chrétiennes n'ont jamais pu être assimilées à des collèges funéraires. Voyez également son dernier article (cf. p. 385, n. 1).
1. Comparez ce mot avec celui de conventus désignant l'assemblée du collège (p. 392, n. 5) et la colonie de citoyens romains (p. 403) : comme cette dernière (p. 405, n. 2), l'église chrétienne est une assemblée collégiale sans le cadre et la lex consacrés.