Eusèbe, V, 6; V, 3, 4; ici, p. oli
2. C'est pour cela, peut-être, que les Chrétiens ont appelé irJ.n-f.fjTMc, le chef de leurs églises, par analogie avec le magistrat local (ju'une cité grecque envoyait dans une bourgade de son ressort, comme Marseille à Nice (cf. p. 31)5, n. 7).
3. .Mr,T£ k'Ovo'j; \):r,-zz nôAsojç ... à),>.à ... XptcïTtavô;. Eusèbe, V, 1, 20.
ilO LE COLLEC.E.
de la force obsédante de la cité ou de l'Empire. Il y allait comme dans une patrie de son choix : les mots de corpus et de rcspuhlica. constants dans la langue collégiale', lui donnaient l'illusion qu'il se trouA'ait dans un Etat confraternel. Les obligations municipales ou les édits des princes avaient beau rappeler la plupart des collèges aux réalités du moment : ceux: des hommes auxquels leur bonté ou leur intelligence suggéraient un idéal nouveau, surent se bâtir des confréries où ils abritèrent leurs espérances loin de la vie du commun. Tel fut le cas des Chrétiens ; tel fut aussi celui des sectes de philosopbie.
Sans être des collèges au sens officiel du mot. les groupes d'auditeurs qui s'assemblaient régulièrement autour des philosophes, n'en formaient pas moins des unions morales, des fra- I ternités latentes-. Ce qui les rapprochait et les attachait à leur maître, c'était l'accord des sentiments, le besoin d'une vie identique, l'effort vers la même discipline, l'acceptation d'un nom qui les définît tous. Epicuriens ou Stoïciens : et cela est bien l'essence morale d'où sont sortis tous les collèges ^
Dans ces auditoires de philosophes, plus encore que dans les églises de Chrétiens, la volonté dominante est une volonté de combat, et de combat contre la société et les pensées contemporaines. Ecoutons Epictète parlant de la cité et de l'empereur, la double clef de voûte de lédifice romain*. — La cité? mais « l'homme est dabord le membre de cette cité qui embrasse
i. P. .392 et 3!U.
2. Tertullien les compare aux Chrétiens à ce point de vue, Apologétique, 3, 7-0; cf. 38, ,ï.
3. Le rapprocliement se justifie d'autant plus que l'on inscrivait dans les inscriptions philosoplius Stoicus ou Epicurius (Dessau, n"' 7776-84), que les écoles de ces philosophes étaient organisées sous un chef et avec des règlements agréés par l'autorité impériale (Dessau. n" 7784), et que le titre de philosophe, comme celui de membre de collège (p. 403. n. 8), pouvait comporter des immunités (£>'(/., XXVII, 1, 6, 7-8; L, 5, 8, 4; cf. Houdoy, p. 505-7).