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primait tous les autres, se gardaient bien d'ignorer, comme l'avaient fait les conquérants de l'ère sénatoriale, les obstacles physiques dressés entre les hommes.
Remarquons cependant qu'ils n'ont point donné partout leurs frontières naturelles aux districts gaulois. Les terres de la rive gauche du Rhin leur furent enlevées pour former les deux provinces de Germanie '. De même, les plus hautes vallées de la Provence, du Dauphiné, de la Savoie et de la Suisse furent constituées en trois provinces distinctes : Alpes Maritimes, Alpes Cottiennes, Alpes Grées et Pennines-. Et c'étaient, toutes les cinq, de petites provinces, qu'il n'eût pas été difficile d'incorporer aux gouvernements voisins. Mais les populations qui habitaient cette rive du Rhin ou ces vallons des Alpes, n'étaient point toutes d'origine gauloise : beaucoup se réclamaient, les unes, du nom germanique, les autres, du nom ligure ^ ; l'Empire ne jugea point bon de leur donner le même chef qu'aux Celtes ou aux Belges d'à côté. Si, sur ce point, il respecta moins la nature du pays, c'est qu'il se conforma davantage au passé des hommes. D'ailleurs, il y trouvait largement son profit : en imposant aux marches germaniques et aux routes alpestres des gouvernements particuliers, il put surveiller de plus près la frontière du Rhin et les cols de l'Italie, lieux essentiels à la sécurité et à l'unité du monde latin. — Il n'en était pas moins vrai, qu'avec sa bordure de petites provinces, vivant étrangères à son nom, la Gaule des empereurs présentait, sur la surface de la terre, les mêmes dehors que celle de Vercingétorix'\
La différence apparaissait au contraire très profonde, dès qu'on examinait son ordonnance intérieure, je veux dire ses divisions administratives. Car, non seulement les empereurs avaient