Cf. p. DO-iJI
V34 LA PUOVl^'CE.
Il est vrai que ce rendez-vous est au pied de Lyon, colonie romaine. — Mais ne disons pas qu'il est à Lyon. Pas une seule fois les inscriptions qui mentionnent ce conseil, ses prêtres et son culte, ne prononcent le nom de la colonie de Plancus. Ce nom est toujours évité soigneusement. On dit V « autel », le « temple ». le « prêtre du Confluent »'. C'est ce mot de « Confluent » qui revient sans cesse -. Il désigne également le lieu sacré des rendez-vous et le siège des assemblées. Car les délégués ne se réunissent pas à Lyon, mais de lautre côté de la Saône, sur le flanc de la colline qui s'en vient mourir aux Terreaux, dans cette fin de terre qu'encadre et que termine la rencontre des deux grandes rivières \ Là est maintenant pour les Trois Gaules le foyer permanent de leur vie commune, ce que fut jadis 1' « ombilic » de la terre carnute, le sanctuaire où se groupaient les druides *.
Qui sait même si cette sainteté du Confluent, loin d'être l'œuvre de Rome, ne remontait pas à des temps antérieurs à la conquête? Un confluent, n'était-ce pas le mélange de ces deux êtres sacrés, la conjonction de ces deux divinités que sont les rivières? et, parmi les rivières de la Gaule, il ne pouvait s'en trouver de plus fameuses et de plus saintes que celles qui mêlent leurs eaux sous la colline de Fourvières : comment cet endroit aurait-il pu échapper à l'adoration des hommes^? — Puis, près de ce confluent, c'était le carrefour de routes innombrables, parties de tous les points de la Gaule. Près de là encore, c'est le point où se rencontrent les deux principaux peuples de la vieille Gaule, les Éduens du Centre et les AUobroges
2. L'expression courante pour désigner le sanctuaire des Trois Gaules, est ara ad Conjluentem, ad Conjliienles, inter Conjluentes: C. I. L.. XIII. p. 228-0; T.-L., Epil., 137; Slrabon, IV, 3, 2; p. 441, n. 2.