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PEllSISTAXCE UE LA NATIONALITÉ GAULOISE. 449
capHl GaUiarnm, comme la saluaient les Anciens'. La grande contrée que la nature avait bâtie entre le Rhin et les Pyrénées, la Gaule, possède désormais ce qui lui a manqué dans les siècles d'autrefois -, une capitale certaine et décisive, et elle la voit s'épanouir à l'endroit même que les dieux avaient désigné. Les empereurs ont fait pour cette contrée ce qu'ils ont fait pour chacune de ses peuplades^ : ils ont créé la ville qui devait être le foyer de son existence. Cet Empire romain qui fut, dans le monde antique, l'apogée de la vie municipale, qui associa le sort de l'univers à celui dune seule cité '" . unit de façon semblable les destinées de la Gaule à celles d'une cité maîtresse. En dépit de la conquête, de l'assimilation à Rome, du morcellement administratif, les mots de Gaule et de Gaulois persistaient pour désigner une région naturelle, une espèce d'hommes fort vivante. Géographes, rédacteurs d'actes officiels, historiens, rhéteurs, maîtres d'école, appliquaient constamment ces noms à tout ce qui vivait entre le Rhin et les Pyrénées. L'écrivain grec Strabon, qui publia sous le règne de Tibère une description de l'Empire romain, consacrait à cette Gaule un chapitre distinct, à la fois, disait-il, parce que « la Providence » lui avait donné l'unité % et qu'elle était le domicile d' « une même famille »^ Quatre siècles plus tard, au moment même où l'Empire va s'elTondrer, les derniers successeurs du géographe grec s'exprimeront encore de la même manière'. Les artistes et les poètes, qui, lidèles aux habitudes séculaires de l'anthropomorphisme hellénique, se complaisaient à chercher une figure humaine pour tous les êtres et tous les sentiments , représentaient la
1. Table de Peulinger, s. I, 4 (Remw des El. anc. 1912, pi. 4).