‹ Histoire de la Gaule (volume 5)Chapitre 594 sur 792 · Ici, p. 51)7, n. 1; cf. p. 482, 310-520. 0. T. VI · texte numérisé non relu

Ici, p. 51)7, n. 1; cf. p. 482, 310-520. 0. T. VI

avant son avènement, il a suffi du pouvoir pour le rendre pire que ses prédécesseurs'. Le dernier nommé, Yespasien, semble un brave homme. Mais la médiocrité de sa famille fait un nonsens de ce titre d\n'jjnslH!i qu'il vient de recevoir. Ce fils de petit banquier italien- n'a pas l'étolTe d'un dieu, n'est point qualifié pour recevoir l'héritage des Jules et des Claudes, les plus anciennes et les plus saintes maisons de l'univers'. ?]n vertu de quel droit, puisqu'il n'y a plus le fait de la naissance, un empereur va-t-il commander au monde? On l'appelle le délégué du peuple romain : mais on sait bien que le peuple romain n'est jamais consulté, et que. depuis la mort de Néron, toute création d'empereur a été l'ouvrage de quelques conjurés ou le résultat d'un coup de force''. Une fois acquis, aucune règle ne modère l'exercice de ce pouvoir-^ : un essai de constitution tenté au début du règne de Yespasien, ne fut que la reconnaissance du fait accompli et l'amplification verbeuse du mot de despotisme'. Ce pouvoir impérial, qui partait dune origine misérable ou criminelle, qui échappait à toute loi, et qui aboutissait à l'apothéose, était, vraiment, un défi à la raison, à la justice, à l'ordre des choses humaines et à l'harmonie des choses divines.

Empire et monarchie paraissaient donc ne tenir que par des prodiges d'équilibre ou un jeu du hasard. Ceux qui les virent se rétablir à l'avènement de Yespasien. n'osaient croire à l'éternité de l'édifice".

Il dura pourtant, et, après la dernière crise, chaque génération le rendit plus solide. Depuis la mort de Vitellius, près d'un siècle s'écoulera sans déchirement à l'intérieur de l'Empire, sans rupture à la barrière extérieure. Les causes de discorde

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