IV. — I.'ÈRE DES ANTON INS
Domitien fut un prince fort méchant, mais il ne lit souffrir que ceux qui rapprochaient'. La Gaule ne se trouva point malheureuse sous son règne-; et ses provinces, confiées à de bons gouverneurs, ne virent chez les représentants de César que justice et modération ^ C'est chose monotone que de rappeler ce fait. Mais il n'y a point lieu pour un récit vivant dans' cette histoire dune paix profonde.
La révolution de palais (96) qui donna l'Empire à Nerva^ et à Trajan ', ne changea rien non plus à la vie intérieure de l'Occident : il y gagna ce seul avantage, que ses provinces eurent plus de liens avec la famille des nouveaux empereurs qu'elles n'en avaient eu avec celle de Vespasien. Trajan était d'origine espagnole, j'entends qu'il était un Romain d'Espagne ^ Cela signitiait que toutes les régions du monde pourraient être appelées à leur tour à fournir le maître de l'Empire. Vespasien avait inauguré le triomphe de l'Italie sur les grandes génies de la capitale'; Trajan marqua l'avènement de la province; qua-
1. J'imagine que Tacite pensait à lui en disant : Sœvl proximis iminiunl {H., IV. 74). Cf. Gsell, p. 262 et s.
2. Sauf (en 92?) l'arrachement de la moitié au moins des pieds dans les vignobles, et cela, en vue de rendre les terres à la culture du blé : mais il semble bien que l'édit ne fut pas rigoureusement exécuté (Suét.. Dom., 7. 2: 14, 2; Stace, Silves, IV, 3, 11-12; Jérôme et Eusèbe, année d'Abraham 2108). Cf. Weise, Beilruge zur Geschichte des rœm. Weiiibaues in Gallien, Hambourg-, 1901, p. 8; S. Reinacii, Cultes, II, p. 360 et s. [19.)1]. — En Gaule, il put vouloir appliquer un règlement antérieur; cf. ici, t. 111, p. 99-100.
3. Neque modcstiores uiuniain neque justiores-^ Suétone, Dom., 8; Gsell, p. 141 et s. Quelques noms, j). .500-1. — On attribue à Domitien la constitution des deu.x Germanies en provinces proprement dites (cf. p. 135, n. 1). Car c'est dès lors qu'on trouve, au lieu de le(jalus pro prœtore excrcilus, le lilre de Icgalus consiilaris provincix (en Germanie Supérieure, C. I. L., 111, 9960). Mais je crois que ce fut simplement un changement de titre, et que la condition des pays ne s'en trouva point modifiée.