Dion Cassius, LXVIII
ranto ans après lui viendra Antonin,petit-lils de Nîniois ', et c'est alors la (ïaule qui donnera l'illusion de commander à l'univers.
L'Empire accessible à tous les citoyens du monde, ce fait consacrait le caractère de magistrature que lui avait imprimé Vespasien. Il était devenu, comme le consulat, une ambition que personne ne pouvait s'interdire.
La suite des événements fit que la dignité impériale grandit encore en valeur morale. Aucun des quatre premiers empereurs qui suivirent Domitien, n'eut d'héritier naturel capable de lui succéder. Ils durent se chercher un successeur en dehors de leur maison, et ils furent assez intelligents pour choisir dans leur entourage le chef qui leur parut le meilleur. Il est vrai qu'ils le faisaient tout d'abord entrer dans leur famille, et qu'ils lui donnaient le titre de fils afin de lui assurer celui de César-. Mais, dans cet usage de l'adoption, les peuples pouvaient ne voir qu'une seule chose, qui était la principale : c'est que le plus digne recevait l'empire de la volonté libre et réfléchie d'un empereur prêt à mourir \
Cette adoption même, je veux dire le rapport de parenté imposé aux princes qui se succédaient, ajoutait à leur prestige religieux. N'oublions pas que Grecs et Barbares, Gaulois et Germains, tous les sujets de Rome sortaient à peine d'un état politique où le pouvoir suprême était inséparable de l'existence d'une dynastie consacrée. Des siècles et des millénaires d'obéissance à des rois héréditaires, avaient mis pour longtemps dans l'âme des hommes le respect d'une telle forme de l'autorité \ Aussi, à contempler cette lignée d'empereurs héroïques, deNerva à Marc-Aurèle. qu'unissait la trame continue du lien familial ',j
1. Pio palernum geniis e Gallia Transalpine, Nemausense scilicct; H. Aiiçi., Plus, 1,] 1 : il s'ngit sans doute de son grand-père T. Aurelius Fiilvus.