‹ Histoire de la Gaule (volume 5)Chapitre 612 sur 792 · T. IV, p. 4U et · texte numérisé non relu

T. IV, p. 4U et

2. Il est en tout cas certain qu'il consolida très fortement l'œuvre transriiénane des Flaviens (p. 461-4). surtout lorsque, du vivant de Nerva, il gouverna la Germanie Supérieure (96?-98; H. Aug., Hndr., 2. o), et pendant les mois où il y resta après son avènement à Cologne (98: Eutrope, VIII, 2; Orose, VU, 12, 2; Sidoine, Carmina, 7, 114 et s.). — C'est lui qui constitua en cités, au delà du Rhin : Lopoduniun ou Ladenburg, ville des anciens Suèves, devenue colonia Ulpia Sueboruin Mcretum (C. I. L., XIII, H, p. 230-1 ; ici, t. III, p. 147, n. 2); Heddernheim, enlevé aux Chattes (p. 462, n. 3), civitas Vlpia Taunensiurn (C. /. L., XIII, H, p. 425-6). Ladenburg et Heddernheim étant en somme, comme métropoles, les ancêtres de Mannheim et de Francfort, on voit l'importance de ces fondations de Trajan. On a également conjecturé qu'il organisa en civitas Wiesbaden, civitas UlpiaJ] Aquœ Mattiaconini (XIIL 7061). Un autre v(icus) U{lpius) U... à Dieburg, entre le Neckar et le Mein (XIII. 6433). — C'est à ces cités transrhénanes que font allusion Eutrope et Orose {id.), Ammien (XVIl, L H), le texte énigmatique du Lateixulus Veronensis (p. 253, Seeck); cf. encore C. /. L., XIII, G298, 9120. — C'est également à Trajan qu'est due la création d'une colonie romaine à Xanten, près de Vetera, colonia Ulpia Trajana [C. I. L., XIII, IL P- 602), d'une cité à Nimègue, Ulpia Noviomagus (id., p. 620). — Les garnisons du Rhin furent alors affaiblies par suite des guerres lointaines. Le camp de Xeuss est abandonné. La fameuse XXI" Rapax s'était déjà éloignée sous Domitien, après un siècle de séjour eu Gaule (cL p. 125, n. 4); puis partirent la I" Adjulrix, la XI° Claudia, (ces deux dernières revenues peut-être un instant en Germanie Supérieure. XIII, 6298), la X' Gemina, la VP Victrix (cL p. 464, n. 6). — Désormais, ce sont : en Germanie Inférieure, la XXX° l'ipia à Vetera, la I" Minervia à Uonn; en Germanie Supérieure, la VIIL à Strasbourg et la X.XIP à Mayence. Il n'y a plus de légion à Windisch. En outre, depuis l'établissement du limes, toutes ces troupes étaient fort morcelées, au moins en Germanie Supérieure, et il n'y a sans doute plus (jue les dépôts à Mayence et à Strasbourg. — Tout cela suppose ([ue Trajan ne craignait absolument rien du cùté de la Germanie. Jamais elle ne fut moins dangereuse, jamais peut-être la conquête n'en eût été plus facile, menée à la fois par la mer, le Rhin, le Danube et. maintenant aussi, par les Carpathes (cf. p. 151). Quelles qu'aient été d'ailleurs les intentions de Trajan. aucun empereur ne poussa plus loin au delà du Rhin l'œuvre de la civilisation romaine.

tive des grandes entreprises. Sur le llhin ou sur le Danube, les Romains ne feront plus que des guerres de protection. A chaque génération, ils avoueront plus nettement leur lassitude des conquêtes. — Nous verrons bientôt le danger que leur fera courir cet éternel recueillement.

En ce moment, le nouveau maître de Rome, Hadrien', était l'homme prédestiné pour lui faire prendre l'attitude de la défensive. 11 sut la rendre presque aussi superbe et glorieuse que les brillantes victoires de Trajan. Sur tous les points de la frontière, il voulut que l'Empire sentît, entretînt, montrât ses forces sans relâche, et que les hordes de Barbares qui l'entouraient ne s'arrêtassent point de trembler devant lui, comme devant une forteresse imprenable pleine de menaces et prête aux sorties. On le vit voyager d'un bout à l'autre du monde, inspectant les garnisons, examinant les places fortes, passant les troupes en revue, les faisant manœuvrer sous ses yeux, multipliant les ordres du jour, et se dépensant autant, pour fortifier les provinces -, que l'avait fait César pour les conquérir.

Au delà du Rhin, on devine ses plans et ses ouvriers dans ces cent vingt-cinq lieues-^ de fossés, de palissades, de tours de garde, de redoutes et de murailles qui enfermaient la Germanie romaine dans l'enceinte de leurs lignes continues \ En Bretagne, il fit tracer, sur quatre-vingts milles de long, du golfe de Solwaj' à l'embouchure de la Tyne. un mur large de huit et

1. p. .-Elius Hadrianus, puis iinp. Cœsar Trajanus Hadrianus Auguslus. — Dtirr, Die Fteisen des Kaisers Hadriaii, Vienne, 1881; von Rohden, Heal-Enc, l, 1894, c. 493 el s.

2. llist. Aug., Hadr.. de 10, 2, à 11, 1, cl 12. 6-7 (se rapporte à l'armée de Germanie); Dion, LXIX, 9.

3. Je donne la longueur de la frontière des Champs Décumales, du lUiin au Danube par le Taunus (p. 462, n. 3, p. 463, n. 2) : mais on a vu que la muraille était interrompue sur 50 kil. le long du Mein.

4. Hadr., 12. 6 (pour la Germanie? cf. 12, 7); Dion, LXIX, 9 (général). L'attribution à Hadrien des constructions du limes exterior est encore incertaine, car les plus anciennes inscriptions sont d'.Vntonin; de même, en ce qui concerne le limes iiiterior; C. I. L., XUl, H, p. 259 et 237. En dernier lieu, l<.oei)p, 2" éd.. p. 73-78. — Il est question d'un roi ([u'il imposa au.\ Germains (Hadr., 12, 7).

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