‹ Histoire de la Gaule (volume 5)Chapitre 624 sur 792 · X. — MYTHOLOGIE CLASSIQUE ET DIEUX ORIENTAUX · texte numérisé non relu

X. — MYTHOLOGIE CLASSIQUE ET DIEUX ORIENTAUX

Toute l'énergie de cette époque se portait vers les questions reliirieuses. Le cas de Marc-Aurèle, dissertant avec lui-même sur l'àme, les dieux et le monde, écrivant ses pensées, cherchant son destin et vivant son idéal même dans son camp, à côté des soldats qui s'agitent, en face des Barbares qui s'approchent, le cas de l'empereur est celui de milliers et de millions d'êtres dans le monde romain.

Bien des causes expliquent cette extraordinaire passion qui entraînait alors les hommes au culte intensif des devoirs de la piété. — 11 y a la monotonie de la vie publique, et que ce régime d'obéissance et de régularité interdisait les luttes intérieures et les grandes ambitions : si le Gaulois s'enferma dans la vie dévote, ce fut à la manii're du frondeur sous Louis XIV, pour y employer son action et y apaiser ses dépits. Il y a l'afflux de dieux et de prêtres, se précipitant de tous les points de l'Empire à la curée des âmes : si la Gaule s'est livrée tout entière à la folie religieuse, ce fut parce que la contagion était inévitable en cette foire mondiale qu'on appelait l'Empire romain. On verra aussi que certains cultes orientaux la réveillèrent de ses pratiques coutumières, tantôt en lui présentant des séductions inconnues, tantôt en ravivant en elle les lointaines sensations de son passé.

Au temps d'Antonin et de Marc-Aurèle, l'accord était depuis

Page 1