‹ Histoire de la Gaule (volume 5)Chapitre 633 sur 792 · LES PREMIERS CHRETIENS DE GAULE · texte numérisé non relu

LES PREMIERS CHRETIENS DE GAULE

Xi les propos ni les désirs de ces hommes n'étaient d'apparence dangereuse ' . Ils se disaient « frères » -, ils adoraient un Dieu suprême et son fils Jésus-Christ' : celui-ci avait un instant paru sur la terre d'Israël, pour révéler la puissance de son Père, pour faire communier ensemble ceux qui croiraient en ce Dieu. Le vœu le plus ardent du Chrétien était de les retrouver tous deux après sa mort, de revivre dans le rayonnement de leur gloire*. Une première initiation, accompagnée d'un baptême, le préparait à ce bonheur d'une nouvelle vie^; la foi en Dieu, des mœurs pures et la charité l'en rendaient à jamais digne". C'étaient là préceptes et pratiques de vertu, d'une vertu légèrement innocente et banale, dont un philosophe pouvait sourire, et qu'un politique pouvait dédaigner.

Mais les hommes qui réfléchissaient plus fortement et qui, comme disaient les Anciens, « fouillaient les souterrains des âmes » \ auraient pu trouver les mystérieuses raisons qui assuraient l'avenir à ce nom de Chrétien. Il s'opposait aux deux modes de croyances qui se partageaient alors le monde, et que nous Amenons de voir se disputer les Gaules; ou, plutôt, il les rapprochait et les conciliait en une religion à la fois plus humaine et plus divine. — Comme la mythologie classique, le Christianisme racontait la naissance, la vie, la mort, la résurrection d'un héros, fils de Dieu : les entretiens des fidèles étaient pleins des paroles et des souvenirs du Christ : ils revivaient sans cesse entre eux la courte et douloureuse épopée qu'avait été son existence sur la terre'. Mais ce héros, à la

1. Cf. Ilarnack, Lehrbiich der Dogmengeschichle , I, 3" éd., 1894, surtout p. 140 et s.

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