‹ Histoire de la Gaule (volume 5)Chapitre 64 sur 792 · Cf. Velléius. II · texte numérisé non relu

Cf. Velléius. II

7. Voici les faits qui se rattachent au gouvernement d'Antoine. — Il n'avait cessé, penilant le cours de 44, de réclamer la Gaule, sans doute avec l'arriérepeuséc de quelque empire d'Occident (Cic, Plul., I, 3, 8; V, 2, 5-6; 13, 37; VII,

AUGUSTE ET AGRIPPA. o3

Octave' la gouvernera d'abord comme triumvir (40-27), puis, sous le nom d'Auguste, comme imperator souverain du peuple romain (27 av. -14 ap. J.-C). Quinze ans d'obéissance à César, près de soixante ans d'obéissance à son fils, cela fit, pour les débuts de la Gaule, un régime d'une extraordinaire fixité. Les révolutions qui, pendant trente ans, changèrent alors sans cesse les maîtres de l'Italie et de l'Orient, n'avaient aucun contrecoup sur ses destinées. Les lois et les habitudes romaines, grâce à la stabilité politique, purent s'y implanter par des racines profondes, et les pratiques de la monarchie nouvelle, longtemps incertaines ailleurs, s'y appliquèrent aussitôt-.

Le chef qui inaugura cette monarchie, Auguste, est l'homme du passé qui échappe le plus à notre analyse. On pouvait dire que le sphinx, gravé sur son anneau \ était le symbole de sa

1. 2: VIII. S, 25). Son séjour en Gaule auprès de César (t. III, p. 504) avait dû lui procurer des relations dans le pays. — Après avoir re^-u en fait, de Plancus, la Gallia Coinata (p. 52, n. 3), il se la vit reconnaître par le traité de Bologne en novembre 43, la Narbonnaise restant à Lépide (Dion, XLVI, 55, 4; Appien, IV, 2, 7). Le traité de Pliili|)pes en 42 donne toute la Gaule à Antoine (Dion, XLVIII, 1, 3). Enfin, le traité de Brindes on 40 la donne à Octave (Dion, XLVIII, 28, 4). — .\ntoine ne parut jamais en Gaule pendant son gouvernement. — Légats d".\ntoine : fin 43, Varius Cotyla pour la Gaule Chevelue (p. 52, n. 3); en 42 (Dion. XLVIII, 10, 1), P. Ventidius Bassus (pour la Chevelue?). Q. Fufws Calenas (pour la Narbonnaise?); en 41-40 (Appien. V, 51, 213), ce dernier pour toute la Transalpine (?). Cf. Desjardins, III, p. 34-5; Ganter, Die Provinzialvcnvaltiing der Triumvirn (thèse de Strasbourg), 1892, p. 8-10. — Aucun fait de guerre, ce qui est étonnant, et ce (jui prouve que tous les projets d'Antoine convergeaient dès lors vers rOrient ou Rome. — Monnaies d'argent d'Antoine à Lyon, en l'honneur du 40° et du 4P anniversaire de sa naissance, soit en 42 et 41 av. J.-C. (Babelon, Dcscr., I. p. 1C8-170: Cab.. n^' 4039-59). frappées sans doute pour quelque largesse faite à cette occasion. — Tout ce qu'on raconte sur le séjour d'Antoine à Lyon, est pure « imagination » (AUmer, Musée, II, p. 176), mais doit remonter au moins au v" siècle (Sidoine, Cann., 17, 17-8), peut-être à cause de l'existence dans la région d'un paijus ou vicus Antonius, qui d'ailleurs pourrait lui devoir son nom (Sid., ib.), ou peut-être simplement à cause de (juelque localité conune Anthon. — Lors de la rupture entre Octave et Antoine en 40, le premier fit aussitôt occuper la Gnule par Q. Salvidienus Rufus, qui campa alors avec l'armée sur le Rhône, et qui voulut ensuite trahir Octave pour Antoine (.4ppien, V, 51, 214; 54, 225: 60, 278). — Les pirateries de Sextus Pomjtée en 40 durent gêner la circulation dans les parages de la Narbonnaise (Dion, XLVIII, 30, 5), mais n'eurent pas d'autre effet.

1. C Oclavius, puis C. Jalius Cœsur Ociaviainis, puis iinp. Ca'sar Aiigiiitiis.

2. Discours de Claude sur les Gaulois : ImmobUem fidcm obsL-quiimuiui' mullis Irepidis rébus nostris plus quain cxperluni (C. /. L.. XIII, 1008).

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