‹ Histoire de la Gaule (volume 5)Chapitre 65 sur 792 · Pline, X.WVll, 11); Suétone, Aug · texte numérisé non relu

Pline, X.WVll, 11); Suétone, Aug

vie ou rimage de son àme. Nul n'arrivait à saisir les traits de son être'. Il n'a rien écrit qui ne soit longuement médité; ses historiens se trouvèrent ses flatteurs ou ses obligés : sa vie, faite en entier de chances et de succès, ne fut présentée que comme le tableau des actes d'un dieu, et la figure de l'homme se perdit sous les couleurs de l'apothéose-.

Mais cela seul, qu'il soit sorti indemne de tous les dangers et toujours avec un bénéfice plus grande cela témoigne chez Auo"uste d'une habileté, d'une prudence, d'une sagesse incomparables : et je crois bien que ce fut, dès l'adolescence, le lot principal de son patrimoine moral. Il est de ceux qu'on ne peut se représenter cédant à la fougue de la jeunesse ou aux élans du cœur. Gomma son intelligence ne lui inspira jamais que des movens termes et des formules de conciliation, on hésite à l'appeler un esprit supérieur. Et cependant, l'édifice qu'Auguste bâtit sur le monde, d'une contexture si délicate, fut autrement solide que l'œuvre de César, aux morceaux taillés à l'emportepièce par sa main souveraine*. Si le géniie se mesure à la patience de l'homme, Octave fut mieux doué que son père, le plus impatient des êtres"'.

Que nous lui refusions notre sympathie, rien ne s'explique mieux. Ses facultés essentielles n'étaient point de celles qui nous séduisent. Auguste réfléchissait trop". Il ignora cette volonté exubérante du pouvoir, de la gloire, de l'action, cette franchise dans les ambitions, cette folie dans les rêves, qui ont donné à César l'allure d'un héros de légende. Son fils fut, toute sa vie,

1. "il7-iç, o': •/^jj.a'./iovTs;. Julien, Conv., p. 309 a, Sp.

2. Cela est visible même chez Suétone. Une seule exception, choz Taoilc. Ann.. 1. 2 et 9.

3. Ilivj y.a>.(*.): T.z-n-ji.:j-x:, dit il en mourant (Suét., 99, 1).

4. Mansura in vesl'ujio suo fundcmenta rripublicœ quœ jcccro, Suét., 28, 2; Tac, Ann., III, 28.

5. Auguste répétait souvent : Sut celeriter fieri qiiidqiiid fiat salis bene (Suét., 25, 4). — Sur César, t. III, p. 168-170.

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