Comm., 9, 2 et s
DESORDRES SOUS COMMODE. o03
de l'âme impériale, devint un pandémonium où les dieux et les rites se mêlèrent dans une confusion extravagante '.
Toute l'administration fut livrée à un désordre semblable. Le prince vendit les provinces à ses créatures-, ce qui était un mal nouveau dans l'Empire, où les plus fâcheux des souverains, comme Néron et Caligula, se gardèrent de trop mal choisir les gouverneurs : à défaut de valeur morale, ils ne manquaient pas de prudence ou de bon sens. Commode, lui, resta une brute vulgaire.
On s'habitua peu à peu, dans les Gaules, à vivre sans obéir. Des déserteurs quittaient l'armée, se réunissaient en bandes, livraient le pays au pillage, et l'on disait que leur nombre était incalculable \ Ce qui demeura de soldats à la frontière vaguaient hors des camps, et leurs officiers donnaient l'exemple de la débauche et de l'oisiveté '*. Les historiens ont beau répéter que la province ne souffrait pas des vices impériaux^ : un maître, surtout mauvais, fait vite école.
Les choses se gâtèrent jusqu'à la sédition. Un simple soldat, Maternus, devint en Gaule une sorte de roi des brigands, courant les campagnes, tenant tête aux magistrats, mettant les villes à rançon ''. Aux armées, les soldats demandaient un autre empereur, moins par dégoût de l'Auguste actuel, que pour de nouvelles distributions d'or'.
Mais le mal s'arrêta là. Ce fut le pire des désordres, ce ne fut pas la ruine. D'abord, les provinciaux, Gaulois et autres,
1. Tauroboles contemporains : C. /. L., XII, 1222, 1782 (en 184); XI II, 1752 (en 190); Lafaye, Culte des divinités d'Alexandrie, p. 62," Graillot, Culte de Cybèle, p. 152; Cumont, Textes, I, p. 281; Les Mystères de Mithra, 3" éd.. 1913, p. 87-8.