‹ Histoire de la Gaule (volume 5)Chapitre 665 sur 792 · Les mêmes (p. 506. n · texte numérisé non relu

Les mêmes (p. 506. n

2. Saint Bénigne (p. 306, n. 6); « les Trois Jumeaux », convertis à Langres par Bénigne; 17 janvier. Acta, II, p. 441 ; sept., YI, p. 673. — Ce premier groupe de saints est indiqué comme venu directement d'Asie et de Polycarpe : la tradition doit se tromper là-dessus. Du reste, pour le détail. ■< il est difficile de rien dire d'eux, qu'on puisse tenir pour authentique et pour assuré » (Tillemont, III, p. 38). Cf., pour leur martyre supposé, p. 397, n. 1 ; p. 311), n. 1. — Mais la marche de la propagande, de Lyon vers .\utun, Dijon et Langres, est des plus naturelles.

3. Saints Félix, Fortunat et Achillée; 23 avril, III, p. 99. — C'est peut-être à cette église ou à d'autres communautés de la vallée du Rhône, aussi bien qu'a celle de Lyon, que fait allusion l'expression d'Irénée, èv -ïoï; -/.aô' r.uâç ■/.'j.iiia.rT: Tr,ç ToÇavo-JTia; [Adv. Iiœr., I, 13, 7).

4. Saints Ferréol et Ferjeux; 16 juin, lY, p. 6. — Ce second groupe (ici et n. 3) est indiqué dans la tradition comme formé par Irénée. Et il n'y a pas de motif pour douter de la chose, quoique les Actes « ne paraissent pas capables de faire une grande autorité >> (Tillemont, III. p. 97).

5. Irénée, Adv. hœr., I, 10, 2 : quoiqu'il serait possible qu'Irénée fît ici allusion aux églises de Besangon, Langres et Dijon, villes comprises alors dans la Germanie Supérieure (p. 133, n. 1).

6. Une opinion très répandue, mise en avant autrefois par Quesnel et développée par lui avec beaucoup de finesse (probabile esse uniciini in Gallia episcopuni: Leonis Mcujixi Opéra, Paris, 1673, II, p. 477-484), et très habilement soutenue de nos jours (Duchesne, Fastes, I. 2" éd., p. 61-2), est que, de 130 à 230 environ, il n'y eut en Gaule qu'une seule église et un seul évêque, à Lyon. — J'hésite à croire cela possible. — 1° La lettre des Chrétiens de Vienne et de Lyon dit £•/ Twv ryjo £y.-/.).r,5:(ï)v (V, 1, 13). 2" Cf. Y, 1, 17 : Aiâ/.ovov à:T'o B'.svvr;:. 3° Irénée, Adv. Iiœr., I, 10, 2 : A't èv rspaavia'.; [ici, n. 3] ;6p-jfAévai iv.Y.lr^nia.'. ... év Ks/.toï; [dans la province de Celtique, Lyon, Autun]. 4° Eusèbe, Y, 23, 3 : Twv xaià FaUîav Tiapojy.'.wv, ol; Eîpr,vaïo; Ètzzijy.6-.e:. 5° Je doute fort que l'autorité publique eût permis qu'une église, c'est-à-dire, à tout prendre, une assemblée de collège municipal (p. 407), se fût étendue à deux villes : ce qui était contraire au principe fondamental de l'association légale (|). 404), et les Chrétiens n'avaient ni motif ni désir de ne point s'y conformer. — Il est d'ailleurs possible que, sous la législation d'Alexandre Sévère, plus libérale en matière d'association (p. 533-6), l'organisation d'une église se soit étendue sur plusieurs cités; et possible également qu'à cette époque ou à d'autres, dans certains pays, les chefs des assemblées locales les moins importantes n'aient eu que le titre de diacre ou de prêtre (cf. p. 395, n. 9), celui d'évôque étant réservé aux églises suffisamment nombreuses (Théodore de Mopsueste, Comment, in Epist. s. Pauli, ad Tim.. I, 3, 8, éd. Swete, Londres, II. 1882, p. 124; Concile d'Elvire, art. 77, Mansi, H, p. 18|. — Bien n'empêche, enfin, qu'Irénée n'ait, comme évêque de Lyon, exercé un contrôle de droit ou de fait sur les églises de la Gaule (cf. le texte d'Eusêbe, V, 23, 3, cité plus haut). — 11 ne faut, dans cette (juestion, conclure d'un texte que

On hésite parfois à croire à l'existence de ces vieilles églises ' : car elle n"est attestée que par des Vies de saints, de beaucoup postérieures à Irénée, et encombrées de miracles et d'invraisemblances sans nombre-. — Mais les Chrétiens, qui tenaient à avoir leurs archives, à conserver et à vénérer la mémoire de leurs athlètes et de leurs héros, qui, plus que toute autre religion de ce temps (et ce fut leur supériorité sur elles), eurent l'amour des belles narrations, le culte de leur propre histoire, comment les Chrétiens auraient-ils laissé se perdre à jamais le souvenir de leurs ancêtres dans la foi? Que, dans ce qu'on racontait d'eux, il se soit groupé heaucoup de légendes et de faux bruits autour de très peu de faits exacts, cela est certain et dans la nature des choses : la vie d'un apôtre ou d'un prophète est si intimement mêlée à la vie des humbles, des crédules et des ignorants, que le récit en est aussitôt surchargé de mille épisodes surnaturels. A chaque génération de narrateurs qui rédigent et de croyants qui écoutent, la vérité initiale est davantage étouffée par une végétation parasite de réminiscences, d'anachronismes et de contes populaires. 11 n'y en a pas moins une vérité initiale : et c'est, pour la période qui nous occupe, la fondation de nouvelles églises autour de Lyon, filles de l'évêque Irénée.

De ce qu'il eut un tempérament fait pour la lutte et la conquête, ne voyons pas en lui une sorte de prophète intolérant. Je le regarderais plutôt comme un chef habile, un excellent

pour l'époque et le pays auxquels il se rapporte, et ne pas oublier que l'organisation chrétienne a pu dépendre, non pas seulement de principes intérieurs acceptés pour le moment, mais aussi de la politique administrative de l'empereur régnant, ce. p. 250, n. 2. — En dernier lieu, sur cette question, Harnack, Die Mission uiid Ausbreitung des Cliristentums, 1902, p. 319 et s.

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