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Arles, Nîmes ou Vienne. Il faut maintenant que la même chose se produise dans les Trois Gaules du Confluent : car c'en est tîni chez elles, en droit, des peuples ou des cités des Arvernes, des Eduens, des Bituriges ; il nV a plus ici que des ressorts communaux de citoyens roiiiains, dépendant chacun d'une ville maîtresse, Augustonemetum, Autun, Avaricum. Un seul et même nom doit désigner le chef-lieu et son territoire : ce qui fut l'habitude fondamentale dans la vie des cités antiques', et la règle dans le régime municipal de l'Empire romain-.
Or, il se passa ceci d'extraordinaire dans les cités gauloises, et qui n'apparaît nulle part ailleurs sur terre romaine^ : c'est que, de ces deux noms, celui de la cité ou du territoire, celui du chef-lieu ou de la ville, ce fut le premier qui eut la vie la plus dure, qui, loin de s'effacer, chassa l'autre devant lui, qui du peuple passa à la capitale et s'imposa à elle pour toujours.
Citons Paris à titre d'exemple. Son nom de ville était Lutèce, Luletia. et sous ce nom il servait de métropole à la peuplade ou à la cité des Parisiens. Parisii'. Au troisième siècle, le nom de Lutèce disparut, du moins du langage officiel et du parler populaire : caries lettrés ne l'oublieront jamais'. En échange, la ville prit le nom du peuple auquel elle avait toujours commandé, et elle s'appela, au pluriel, Parisii^, d'où est venu notre mot de Paris. Elle resta, d'ailleurs, chef-lieu de district municipal, et ce vocable de Parisii servit à désigner ensemble le territoire communal et son centre administratif".
3. Sauf de rares e.xceptioQs : en Narbonnaise, pour les Tricastins (p. 324, n. I).
4. Strabon. IV. 3. 5; Ptolémée, II, 8. 10. Cf. t. II, p. 527.
5. Julien, Misopogon, p. 340, Sp. (qui prouve qu'au milieu du quatrième siècle le nnrn élait encore courant chez le^ indigènes): Ammien, XV. 11, 3; etc.
0. Avec celte remarque, qu'on ajoute d'ordinaire civitas dans les textes épigraphii(ues des bornes miliiaires pour bien marquer la ville chef-lieu. — Le plus ancien texte est l'inscription d'une borne milliairc, C. /. L., XIII, 8974 (entre 3(j5 et 307; ici, p. 5'29. n. 5); Ammien, XV, 11, 3: XVII, 2, 4; 8, 1; XX, 1, i; elc.
7. i\otice des Gaules, 4, 8 (je cite ianumérotation de Seeck de préférence à celle de .Mommsco); Notilin Dijnilalum, Occ, 42, 23. Cf. Holder, II, c. 934 et s.