LA SOUVERAINETÉ DE ROME
Cette souveraineté de la ville de Rome émanait tout à la fois des lois, de la religion, du prestige de sa grandeur, de l'attraction inhérente à sa masse.
L'autorité suprême, dans l'Empire, avait pour principe une décision du peuple romain, prise au Forum ou au Champ de Mars, en vue ou près du Capitole'. Comme le pouvoir s'enveloppait alors de formes sacrées, ce sol dominateur fut saint pour le monde entier, et on vit celui-ci se courber devant Rome, déesse éternelle et forte- : Jupiter, le dieu du Capitole, parut le père commun de mille nations obéissantes ^ Les villes sujettes copiaient Rome, à la façon dont les hommes imitaient Hercule ou Alexandre. On voulut partout parler sa langue, bâtir des édifices sur le modèle de son Capitole \ et bien des cités provinciales prétendirent à s'appeler de « petites Romes » \
Centre politique et moral des hommes et des terres, Rome attirait à elle leurs énergies de tout genre. Des millions d'êtres y élurent domicile '\ Pour loger, n-ourrir, occuper cette multitude, il fallut recourir aux ressources des pays soumis. Le blé de l'Egypte' et de la France même' servaient à la plèbe romaine. Dès le jour de la conquête, la Gaule sentit la force irrésistible qui enchaînait sa vie à celle de la grande cité : l'or de ses temples fut destiné à l'embellir \ et les bêtes de ses forêts iront bientôt distraire les loisirs du peuple-roi'". Le régime de