X. — ALEXANDRE SEVERE
Le dernier des Sévères et des nouveaux Antonins^ fut une des plus admirables créatures qu'ait produites l'Empire romain. Alexandre Sévère reçut des dieux tous les dons, beauté, bonté, intelligence, douceur, jeunesse \ et, pendant longtemps, le pouvoir de ne faire que des heureux.
Il n'avait que treize ans lorsqu'il succéda à Héliogabale (222). C'était la première fois qu'un enfant commandait à la terre. Mais telles étaient les habitudes pacifiques prises par les hommes de l'Empire, le respect qu'il inspirait à ses ennemis de la frontière, l'habileté du conseil qui gouvernait au nom du prince, que, pendant les années de son adolescence, Alexandre n'entendit jamais parler ni de guerre ni de sédition. Aux annales de ce temps béni les chroniqueurs n'ont attaché que le souvenir de nombreux textes juridiques. L'Etat paraissait n'être gouverné que par des
1. Je parle de la Gaule. J'hésite fort à placer sous Caracalia les martyres des ïioi disant disciples d'Irénée à Valence et Besancon {Marlyr. Hieron., p. 47, 116, éd. de Rossi et Duchesne: Grég-oire, /n <;<. mart., TO: cf. p. 519, n. 1). En tout cas. " ce reste de feu s'éteignit bientôt et ne passa pas apparemment l'an 211 »; Tillemont, Hist., Pcrséc. sous Sévère, art. 7.
2. Je lire cette hypothèse du fait qu'Ulpien, lequel fut préfet du prétoire de 222 il 228, avait réuni en code tous les édits contre les Chrétiens (Lactance, Inst. div., V, 11, 19).
•3. D'ailleurs, il ne prit point d'ordinaire ce titre d'Antonin, mais il semble bien qu'on ait voulu le lui donner {Alex., 5, 3; cf. Prosop., 1, p. 215) : Imp. Cœsar M. Aurelius Severus Alexander Augustus.