‹ Histoire de la Gaule (volume 5)Chapitre 703 sur 792 · ALEXANDRE SÉVÈRE · texte numérisé non relu

ALEXANDRE SÉVÈRE

législateurs, et ses chefs, ne vivre que pour améliorer les lois '. C'est alors que le monde romain arriva à la plénitude de l'ordre, de l'entente, de la paix et de la justice. Un siècle après Hadrien, le miracle impérial était reparu, et les sages pouvaient pardonner à l'Empire, devenu le nom d'une humanité nouvelle, le sang que ses fondateurs avaient répandu sur la terre.

C'est cet idéal d'accord et d'équité qui inspira aussi le gouvernement personnel d'Alexandre Sévère : il voulut concilier entre eux tous les hommes et tous les dieux.

Les mesures que les empereurs avaient prises pour restreindre le droit d'association, furent supprimées ou adoucies. On donna aux collèges de nouvelles garanties, et fort sérieuses : ils eurent leurs tribunaux spéciaux, des défenseurs chargés de les représenter en justice-. Il est même probable qu'Alexandre souhaita que tout Romain, au moins tout artisan et homme de métier, fût incorporé dans un groupement professionnel ^ Pour ce monde des petites gens, il rêva une forme propre de la société, oîi ils seraient unis, non pas suivant le hasard de leur naissance, mais suivant la nature de leur travail et les affinités de leurs besoins.

Son règne vit l'apogée du système collégial *. De droit ou de fait, il s'imposait alors à tous les métiers, à toutes les industries, à toutes les croyances. — Sévère Alexandre est allé beaucoup trop loin, si. par désir d'une fraternité universelle, il a voulu faire de la confrérie une société, non plus seulement à demi indépendante, mais aussi à demi souA'eraine. nécessaire et inévitable, comme l'étaient déjà la famille, la cité, la province et l'État. Pourquoi donc, à ces quatre puissances sociales ou politiques, en ajouter une autre, avec ses chefs, ses règlements et ses

i. Lrgcs imiumcras sanxit {Alex., 43, 1). Cf. Goyaii, Chronologie de l'Empire romain, 1891, p. 272-280.

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