lO'J-113: p. 113-116; p
Submergés par les milliers d'hommes de l'armée d'invasion, les Germains ne purent opposer aucune résistance efficace '. Les soldats de Maximin étaient bien choisis et bien conduits : mais on leur permit tous les pillages et tous les excès. Un instant, les Barbares pensèrent arrêter lennemi, en se réfugiant en masse derrière des marécages : Maximin alla les chercher, de l'eau jusqu'à la ceinture, et les fit tous massacrer-. Puis, le pillage et l'incendie reprirent.
L'armée romaine fit ainsi, dit-on. près de deux cents milles de marche^ sur le sol ennemi : ce qui dut l'amener jusqu'à l'Elbe*. Il V avait deux cent trente ans que, depuis l'expédition de Tibère, les légions romaines n'étaient plus arrivées sur les bords du fleuve célèbres Ce retour victorieux à la lueur des incendies montrait à toutes les nations l'éternelle vigueur du peuple romain : il ressemblait de plus en plus à Hercule, et l'on comprend que beaucoup d'hommes aient alors voulu faire de ce dieu le maître et l'image de l'Empire' .
Maximin espéra un instant que Rome pourrait garder ces conquêtes. Les projets d'annexion, oubliés depuis Marc-Aurèle, furent repris. On parla d'étendre les provinces jusqu'à l'Océan septentrional, jusqu'à la Baltique ou à la mer du Nord' : cela pouvait se faire encore, et c'eût été le plus sage^