V. — LES PROCHES DE L'A H I STOCRAT I E FONCIÈRE
Cherchons à expliquer cette restauration du sénat, devenu plus fort et plus considéré que dans les temps mêmes où Auguste et Tibère affectaient de lui réserver la moitié du pouvoir-.
L'arrivée de tous les provinciaux au droit de bourgeoisie, leur acceptation définitive delà patrie romaine, voilà, peut-être, la cause morale de ce grand fait\ Le sénat a cessé d'être pour la Gaule ce qu'il lui est apparu aux jours de la conquête, l'ennemi, le vainqueur et le bourreau, le conseil directeur de l'Etat victorieux''. Il est, maintenant, le corps d'élite où se réunissent, dans la capitale. les plus nobles des hommes, le majestueux et vivant svmbole de l'unité romaine et du genre humaine
Tandis que son prestige grandit, l'autre force du monde impérial, l'armée, passe de plus en plus aux mains d'auxiliaires lointains ou barbares. Depuis Antonin. les légions elles-mêmes se recrutent assez rarement parmi les habitants des provinces de l'intérieur ; la coutume est que le soldat soit un enfant de la frontière^';, si, au sortir du service, il reçoit des terres, ce ne sera jamais que près des camps où il a vécu, et où ses fils iront le remplacer". 11 ne connaît plus que de nom les grandes villes
L Hisl. Aug., Valer., 5-6 [1-2]. Le choix de ce litre de censeur s'explique parce ijue la censure comporta toujours des pouvoirs extraordinaires (cf. p. 3U3-4). — On nomma censeur le futur empereur Valérien (p. 060-6), qui. comme les Gordiens (p. .")50, n. 2), appartenait, scmble-t-il, fi une vieille gens romaine, parentibas ortus splendidissimis (.\ur. Victor, Epit., 32).
2. Remarquez le retour uu pouvoir de très vieilles familles romaines, et, dans les noms des empereurs, des noms qui rappellent les temps de la République (ici, n. 1, p. .550, n. 2, p. 551. n. i, p. .-)('i4, n. 3-4, p. .■)(>6, n. 6).