P. 474-0; Alex., 58, 4-5 (n
7. Attesté depuis Alexandre : Sola quœ de hostibus capta sunt liinitaneis ducibus et miUlibus donavit, ita ut corum essent, si hercdcs coruni militarent, etc. {H. Aug., Alex., 58, 4-5 .
LES PROGRES UE L ARISTOCRATIE FONXIERE. do3
et les riches campagnes du reste de l'Empire : c'est pour lui comme un pays étranger. Et, à leur tour, les habitants de ces villes et de ces campagnes, restant citadins ou paysans depuis leur naissance jusqu'à leur mort, ne savent que par ouï-dire ce qu'est un soldat, un ennemi et la vie militaire. Dans quelques années même, le métier des armes sera chose interdite aux sénateurs'. Il n'existe plus une armée d'Italiens, telle qu'était autrefois la garnison de Rome, formée par les cohortes urbaines et prétoriennes : car Septime Sévère a réservé ces corps d'élite aux meilleurs sujets de la province-. Pour faire face à l'invasion, Marc-Aurèle a enrôlé tout ce qu'il a pu des Illyriens de l'Empire^; on dit même qu'il dut acheter des soldats en Germanie' : en tout cas, les Barbares vaincus ou fugitifs lui fournirent des mercenaires par milliers". Partout, au prétoire, dans le palais, aux camps des frontières, dans les légions, les ailes et les cohortes, ces Barbares s'introduisent en groupes sans cesse plus nombreux, venus de terres en dehors de l'Empire, Sarmates. (iloths. Vandales ou Francs ^ Qu'on laisse les choses continuer, ce sera, entre la population civile et la population militaire, non pas seulement divorce d'existence, mais encore contraste absolu d'origine : l'Etat romain ressemblera à celui de Carthage, où la riche bourgeoisie des marchands confiait le soin de sa défense à un ramas de mercenaires exotiques'; et, en face de cette armée où Rome est presque une inconnue, le sénat apparaîtra comme le seul refuge de la tradition nationale.