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MAINTIEN DE LLNITÉ ROMAINE. 57n
convoitât Rome et le reste du monde. C'eût été recommencer la misérable histoire des dernières années. Que Postume ait eu parfois cette ambition, c'est possible'. En tout cas, il ne fît rien pour la réaliser, soit que ses sujets l'aient contraint à rester en Gaule, soit que les affaires de la frontière aient suffi à l'y retenir-.
Ce qui faisait de cet empire gallo-romain un Etat possible et viable, c'est qu'il correspondait à la nature des choses. Il groupait, à l'ouest du Rhin, les pays dont la sécurité résultait du bon état de cette frontière. Toutes les Gaules avaient les mêmes intérêts, qui étaient sauvegardés par l'armée de Germanie. Armée et provinces, en face du danger barbare, devaient vivre d'une pensée commune. Ces provinces n'avaient, d'ailleurs, jamais cessé d'être unies étroitement entre elles : les conseils de Lvon et de Narbonne rapprochaient les chefs de leurs cités, le réseau de leurs routes multipliait les échanges, et, depuis trois siècles que les Gaules obéissaient à Rome, celle-ci n'avait rien imaginé pour rompre les liens historiques et les relations naturelles qui faisaient de la contrée une sorte de patrie \ Le jour où l'Etat romain se disloqua, elle se trouva prête à former un nouvel empire.