‹ Histoire de la Gaule (volume 5)Chapitre 748 sur 792 · II. — DES CAUSES DE CET EMPIRE · texte numérisé non relu

II. — DES CAUSES DE CET EMPIRE

Que les légions du Rhin et les peuples de la Gaule aient voulu échanger Gallien contre Postume, cela était fort naturel : Postume ne ménageait point sa peine pour arriver à chasser les Barbares.

Mais les Gaulois et Postume comprirent qu'ils ne réussiraient à sauver la Gaule qu'à la condition de songer seulement à elle. Ce qui l'avait perdue dans ces dernières années, c'est qu'elle était demeurée solidaire du reste de l'Empire : pour combattre

ce qui est d'ailleurs contesté). Mais- il est probable que VHisloire Auguste ne veut compter le règne qu'à partir de la captivité de Valérien, dans le milieu de 260 : soit par raégarde, soit peut-être parce que Postume ne se sera séparé qu'alors de Gallien par quelque acte décisif. — Nous connaissons si mal cette époque (ju'il faut, avant de subordonner un document à un autre, voir s'il n'y a pas moyen de les concilier. — Stein propose déc. 2o8-déc. 2G8, la Prosopog raphia, 259-209.

1. Querelle qui s'explique par le fait que Gallien avait placé pour la garde de son fils à Cologne un chef militaire {SUvanus, Zos., 1, 38, 5; Albanus, Zonaras, XII, 24), qui entra en compétition avec Postume. — Dans cette lutte, comme dans celles qui vont suivre (p. 578, n. 6, p. 582-5), j'entrevois un conflit d'attributions entre les deux chefs de Cologne et de Mayence, celui-ci ayant peut-être été celui des deux anciens gouverneurs de la Germanie auquel on aura attribué la direction des affaires (p. 572, n. 2).

2. GalL,i, 3: Trig. tyr., 3, 2-3: Zos., 1, 38. 3-5; Aur. Victor, De Cœs., 33, 8; Epit., 32, 3; Zonaras, XII, 24; Eutrope, IX, 9; Orose, VlI, 22, 10; Continuateur de Dion, Didot, Fr. hist. Gr., IV, p. 104-5.

3. P. 513, p. 186. — Sur cet avènement. Blanchct. L'Avènement de Postume, dans la ficv. des Et. anc, 1912.

un prétendant ou pour repousser Perses ou Goths, les princes dép^arnissaient sa frontière des troupes qui la gardaient; ce qui l'ouvrait aussitôt aux (iermaius. Lorsqu'en 2.")7 Gallien partit du côté du Danube, il est probable qu'il voulut emmener des soldats utiles à la Gaule'.

Or la Gaule, chefs, soldats et cités, se sentit capable de se protéger elle-même. Elle pouvait, entre le Rhin et les Pyrénées, lever assez d'hommes pour faire sur le fleuve une barrière infranchissable. Si chaque région de l'Empire n'avait à défendre que la zone qui lui servait de couverture, elle suffirait à ce devoir.

Il fallait aussi, pour cela, qu'elle fût confiée à un seul chef, responsable de la tâche, ayant pouvoir sur tous, soldats et civils. Déjà, les empereurs s'en étaient rendu compte, en modifiant l'ancien système de la défense : Valérien, par-dessus les légats et les provinces des deux Germanies, avait établi un commandant ou « duc » suprême de la frontière du Rhin, sans doute avec autorité militaire sur les gouverneurs de la Gaule intérieure-. C'était quelque chose de semblable au proconsulat de César ou à Vimperiuni de Drusus^ : les nécessités de la guerre défensive ramenaient l'Empire aux pratiques des temps de la conquête.

Il n'était point difficile de prévoir que Gaulois et soldats en arriveraient très vite à faire un Auguste du duc de la frontière, et celui-ci à vouloir ce titre. Seule, la dignité d'empereur lui donnerait les pleins pouvoirs dont il avait besoin, lui épargnerait les conflits de juridiction et les craintes du lendemain. Cette usurpation de Postume ressemble à une mesure dictatoriale prise pour le salut des Gaules.

Mais il ne fallait pas qu'il regardât au delà des Alpes, qu'il

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