P. 574. Cf. p. 507 et
LA RKSTAURATIOX,
en rapport avec ses nouveaux dangers. Il est probable que Saturninus fut chargé de ces réformes', suivant des plans arrêtés par son empereur.
La principale, semble-t-il, fut de renoncer à l'habitude des villes ouvertes, si tentantes pour les pillards barbares. Aurélien fit donner l'exemple par Rome elle-même : elle s'entoura, sous son rèiîne, -d'une puissante enceinte de murailles, lonirue de près de quinze milles -. Dans les Trois Gaules (je ne parle pas des colonies de l'Est et du Midi, qui avaient leurs remparts depuis l'origine'), les chefs-lieux des cités importantes durent imiter la capitale de l'Empire, et se transformer, l'une après l'autre, en sombres forteresses \ On commença sans doute par
1. Instauravi Gallias, lui fait-on dire (Satiim., 9, 5). — Réparation de routes, sous Aurélien, le long du Rhône, rive gauche (XII, 5o48-0, 5553), rive droite (.5561, .5571), voie Aurélienne (5456), prés d'Orléans (XIII, 8973), en Armorique (XIII,' 8997), sur le Rhin (XIll, 9139).
2. Aur.. 39. 2 [quindecimT : en réalité, douze milles trois quarts. Homo. p. 261.
4. Il est possible que l'idée première en soit venue à Valérien et à ses généraux après les événements de 253 (p. 565-6). car on trouve alors la mise en état des anciens remparts de Cologne (p. ,571, n. 2), et. hors de la Gaule, les enceintes de Vérone en 265 (C. I. L., V. 3-329) et dWthènes (Zosime, I, 29, 4). Les empereurs gallo-romains ont pu l'appliquer, par exemple à Trêves (p. 579, n. 6) et sur les bords du Rhin (Lélianus restaura p^erasque Galliœ civitales, Trig. tyr., 5, 4). Mais il s'agissait alors surtout de villes fortes à réparer (du moins d'après l'état actuel de nos connaissances). — La fortification des villes ouvertes, après Aurélien, fut continuée surtout par Probus (p. 610, n. 1), puis par Dioclétien (Grenoble, C. /. L., XII. 2229 : celle-ci pas encore chef-lieu de ciintas), et. sans doute, plus tard encore (Dax. chef-lieu de cité. Revue des Et. «ne. 1901, p. 214; Rayonne. Pevuc des Et. anc, 1905, p. 154 : non chef-lieu). La mesure fut sans doute progressivement étendue à des villes moindres. — Villes fortes signalées par les textes : sous Dioclétien, Roulogne {Panegyrici, V ^VlIL. 6i, Grenoble (C. /. L.. XII. 2229i. Langres (Eutrope. IX, 23); sous Julien. Sens (.\mmien. XVI, 4, 2), Paris (Julien, Mis.. p. 340 d, Sp.). Troyes (Ammien. XVI. 2. 7i. Besançon (Julien, Epist., 38, p. 414 c, Sp. ^ p. 535, H.), Amiens (Sulpice Sévère. V. Martini, 3, 1): sous Valentinien ou ses fils, Bordeaux (Ausone. Urhes, 140). Pour Tours, Dijon, Orléans, p. 595. n. 2 et 3 : Dijon n'était pas chef-lieu, Orléans l'était peut-être dès lors. Je ne peuxaffirmer que Langres et Besancon, qui étaient libres ou colonies (p. 272. n. 2, p. 262, n. 5), n'aient pas reçu des remparts à une époque antérieure. Je néglige les remparts cités dans les Vies de saints, genre de source très suspect. — Pour ces villes et toutes les autres places fortes, la date, aux abords de l'an 300, ([uenous assignons à leurs remparts, résulte de ce que. jusqu'ici, l'on n'a trouvé dans les matériaux de leurs assises (cf. p. 600, n. 3) aucune inscription postérieure à l'Kmpire galloromain. Voyez les preuves détaillées dans les travaux suivants. — Schuermans, Remparts d'Arlon cl de Tongrcs, paru dans BuU. des Commissions royales d'Art et