‹ Histoire de la Gaule (volume 5)Chapitre 771 sur 792 · Cf. p · texte numérisé non relu

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4. Cf. p. .393, n. 2. Lyon garda cependant sa Monnaie, Vienne et Cologne perdirent la leur, on peut supposer aussi Trêves, mais pour un instant seulement (Blanchet, Manuel, I, p. 138; cf. p, 580, n. 1). — Il semble qu'Aurélien soit revenu en Gaule au début de 275 (AurcL, 35, 4), pour y réprimer des troubles (Zonaras, XII, 27; Georges le Syncelle, 1, p. 721, Bonn), et on a conjecturé (lu'il y avait

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une citadelle de la frontière. — Peut-être enfin de rudes menaces furent-elles adressées aux Chrétiens '.

un lien entre ces troubles et ceux des monétaires de Rome (Homo, p. 311). C'est peut-ùtre alors qu'il frappa Lyon (p. 593).

I. U n'est pas impossible qu'elles aient été la conséquence de progrès faits par les Chrétiens sous les empereurs gallo-romains (cf. p. 581, n. 2). Mais tout cela, progrès et persécution, est chose fort incertaine. Car, bien que la tradition ait multiplié les martyres sous Aurélien, j'hésite à les accepter, au moins pour le compte de cet empereur : 1" les écrivains chrétiens eux-mêmes ne faisaient d'Aurélien un persécuteur qu'à la dernière heure de sa vie; 2" Grégoire de Tours ne prononce jamais son nom à propos de vies de saints; 3" la tradition a toujours eu une tendance à attribuer à Aurélien des faits antérieurs et postérieurs, sans doute par suite d'une confusion de son nom avec celui d'empereurs persécuteurs au nom d'Aurelii (.Marc-Aurèle, p. 497, n.3; Garacalla, p. 534. n. 1 ; Dioclétien. Maximien, etc., t. VI). Toutefois, une persécution en 275, au moment des troubles qui auraient motivé un voyage d'Aurélien en Gaule (p. 596, n. 4), une persécution à cette date est une chose possible, si l'on songe qu'en 274 Aurélien dédia à Rome le grand temple du Soleil, que des solennités de ce genre exaltaient toujours les peuples de l'Empire, et que, par exemple, la persécution de Lyon en 177 a suivi les dédicaces faites en 176 en l'honneur de la Mère (p. 490. n. 3). — Quoi qu'il en soit, les martyrs attribués à Aurélien peuvent se répartir en deux groupes.

— I. Ceux dont on ne donne guère que le nom et le supplice, et au sujet desquels il est encore impossible de rien supposer (cf. Tillemont. Mémoires, IV, p. .345-350) : Révérien et autres, à Autun (1" juin, Actcr, I, p. 40), Prisque, Cot et autres, a Cociacus ou Saints dans le pays d'Auxerre (26 mai, VI, p. 363), Julie et autres, à Troyes (21 juillet. V, p. 133), Sanctien, Augustin et autres, à Sens (4 septembre, 11, p. 670), Colombe, près de Sens (31 décembre. Martyrologe d'Usuard, Migne, P. L., GXXIV, c. 857-8; etc.), Savinien, à Troyes (29 janvier, III, p. 556; Analecta Bollandiana, IV, p. 145; le même que celui de Sens?), Vénérand, à Troyes (14 novembre, Marlyrologiam Romanum), Sabine, à Troyes (29 janvier. m. p. 560). On peut y rattacher Savinien et Polenlien, censés les deux premiers évèques de Sens, et leurs compagnons. Éodald, Sérotin, Altin, aussi énigmatiques encore que les précédents (31 décembre. Martyrologe d'Usuard, l. c; Tillemont, IV, p. 482-4, 727: Fliche, Les Vies de saint Savinien, 1912). De même. Patrocle de Troyes (Grégoire, In gloria mart., 63; Acta, 21 janvier, 11, p. 707; Tillemont, IV, p. 20.3-6; peut-être sous Valérien, p. 567, n.3). Sauf ce dernier, aucun ne parait connu de Grégoire de Tours. Remarquez que toutes ces cités sont voisines, en majeure partie dans la province de Sénonaise constituée au cours du IV'' siècle, toutes en tout cas dans la province de P' Lyonnaise, telle qu'elle existait sous Dioclétien (Ammien, XV, 11, 11). Ce qui me fait croire, ou que cette persécution date de Dioclétien. ou que la tradition s'est formée à partir de son époque. Il n'y aurait de motif à remonter jusqu'à Aurélien que s'il était prouvé qu'il eût dédoublé la Lyonnaise : la chose, du reste, n'est point impossible.

— 11. Les saints dont l'histoire paraît se rattacher à celle de la propagandelyonnaise (p. 506-7) : Rénigne, à Dijon; Andoche, Thyrse et Félix, à Saulieu ; <■ les Trois Jumeaux -, à Langres; et le plus célèbre de tous, Symphorien. à .\utun. Pour ceux-là. évidemment, il y a un procédé de raccourci histori(iue si extraordinaire (leur mission ou conversion vers 1.50, leur supplice vers 275) que cela empêche de rien conclure. Si l'on veut accepler leur martyre comme j'ai accepté, dans l'ensemble, la mission, on ne peut guère le placer que sous Septime Sévère (p. 519. n. 1). — CI'. Aliard, Les hiTiiièrcs Persécutions da troisième siècle, p. 233-240.

C'est un nouvel Empire qui commence, où tout révèle la crainte du péril et le besoin de se défendre, hérissé de forteresses, plein de soldats, astreint à une discipline impérieuse, en état de siège permanent.

Mais cette réorsranisation du monde exioreait le travail de nombreuses années. Aurélien se borna à l'ébaucher : il mourut moins de deux ans après avoir rendu Tunité à l'Empire (-75) • Et alors, comme dans les longues convalescences, une reprise soudaine du mal entrava le retour des forces.

A la mort d'Aurélien eut lieu un des beaux épisodes de l'histoire romaine. Les armées et le sénat laissèrent l'Empire vacant, et l'on crut au retour ■ de la République. Puis, on s'entendit pour nommer Tacite (-75). un noble et bon vieillard de soixante-quinze ans. et tout le monde continua à parler de l'ère de la liberté'. Le sénat l'annonça en termes délirants à la curie de Trêves, à celle de Carthage. associant à son enfantin enthousiasme les grandes cités de l'Empire ■. Il revenait à ses id^-lles politiques du temps des (^lordiens et de Décius''.

Les Barbares accoururent aussitôt pour détruire la chimère. — Saturninus venait de quitter l'Occident \ Ce départ d'un

1. Imp. Cœsar M. Claudius Tacitus Augustus. — Hist. Aug.. Tacitus, 3-8.

2. Voici le texte de hi lettre à Trêves (Tac, 18, 5) : Senalus ainplissitmis curiat Trevirorum. L't estis liberi et semper >fuistis [p. 249. u. 6]. la-tari vos crcdimiis. Creandi

Jirincipis judicium ad senatum redit [et. p. 550-1]. Simul etiain prœfeclurx tirbana' appellatio universa décréta est. — Évidemment. le texte de la lettre est fabriciué. Mais je crois que c'est à l'aide d'un texte authenti(iue. Rien n'était plus naturel que d'écrire à Trêves, alors la principale ville des Gaules (p. 57".)). que d'intéresser les grandes cités au choix des nouveaux empereurs, car les villes paraissent, en ce temps-là. avoir été assez indépendantes à cet égard (Autun. p. 588: Lyon, p. 610). L'auteur initial de l'Histoire .Auguste semble avoir connu les archives de Trêves (p. 585, n. 1). — Dans un sens beaucoup plus sceptique : Lécrivain, Études sur l'Histoire Auguste. 19U4, p. 65; Hohl, Vopiscus. Tubingue, 1911, p. 84.

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