‹ Histoire de la Gaule (volume 5)Chapitre 772 sur 792 · Zosime, I · texte numérisé non relu

Zosime, I

g^raiid chef, l'apothéose de la vie civile, la vieillesse de Tacite n'étaient point de nature à rétablir en Gaule l'esprit militaire. C'est à peine si on avait commencé de mettre le pays en état de défense ^ Les Barbares se hâtèrent de profiter des circonstances avant qu'il ne fût trop tard pour eux; et, en 273-, d'un commun accord. Alamans et Francs^ traA^ersèrent la frontière.

Ce qui se passa ensuite fut effroyable. Xi dans le passé de la Gaule ni dans celui de la France nous ne trouverions un malheur pareil. La migration des Cimbres, la conquête de César, l'invasion d'Attila, les pirateries des Normands, les guerres des Anglais, rien n'approche de la catastrophe de cette année (275-276) \

Par-dessus le fleuve passèrent, non pas quelques bandes disposées à revenir bientôt, mais des myriades d'hommes décidées à aller jusqu'au bout des terres. Personne ne put les arrêter. Des soldats, des chefs préposés aux frontières, il n'est question nulle part : peut-être, gagnés par les rêveries du sénat, se laissèrent-ils tous surprendre, comme des sentinelles endormies '.

2. L'entrée des Barbares dans l'Empire parait dater du milieu de septembre 275, si l'on peut se fier au document du 25 de ce mois, par lequel le consul l'annonce au sénat : Limilem Transriienanuin Gerinani rupisse dicunlur {Tac, 3, 4) : il s'agit du limes de Souabe rétabli par Postume et Lélianus (p. 579 et 583). Les Germains ont, du reste, dû choisir le temps des moissons.

3. Ou'il y eût les uns et les autres, et bien d'autres, cela résulte du récit des guerres de Probus (p. 6U7-8).

4. Pour ce qui suit, les témoignages des auteurs paraissent nets et concordants : Eutrnpe, IX, 17 : Gallias a Barbarb occupalas; de même. Orose, Vil, 24, 2; J'robus, 13, 5 et s. : Gallias, quse oiiincs, interfecto Atireliano. a Gerinanis possessve.... Par oinnes Gallias securi vagarentur; Jérôme, a. d'Abraham 2294, p. 185, Schœne; Zosime, I, 07, 2; Zonaras, XII, 29. Cf. p. 610, n. 1.

5. Voici une hypothèse que je propose pour e.\pli([uer que la frontière fût en grande partie dégarnie de troupes. Tacite doit être mort vers avril 270, sans du reste être venu en Gaule (milliaires à son nom : Nantes, C. /. L., .Xlll, 9001-2; Poitou, 8928; Berry, 8923: Helvètes, 9076). La Gaule, après sa mort, reconnut sans aucun doute son frère, imp. C.'esnr M. Aiinius Florianus AïKj., dont nous avons un inilliaire a Périgueux (XIIL 8895), et d'autres inscriptions en Espagne. Bretagne, Germanie, Dalmatie (II, 1115; Vil, 1150: XIII, 9155, Cologne; 111, 10001), et i|ui fut don(; accepté par tout l'Occident (Zosime, I. 04, 3). Florianus lit une grande

LA RESTALRATlnN,

Au delà, les Barbares ne trouvèrent plus que campagnes épanouies et villes encore ouvertes. Et ce fut la 2:rande curée dans la Gaule romaine.

Tout ce qui était cité sans murailles fut occupé ou traversé par l'ennemi. Cela fît soixante villes de perdues, un nombre égal à celui des nations dont les cliels s'assemblaient au (lonfluent'. L'incendie dévora les édifices publics, les temples furent dépouillés de leurs trésors, les tombeaux profanés, les riches villas livrées au pillage-. Des merveilles que l'opulence et la paix de trois siècles avaient accumulées sur le sol de la Gaule, thermes, forums, basiliques, sanctuaires et théâtres, il ne resta que des pans de ruines enfumées. Personne au monde ne pourrait plus les relever et leur rendre la vie et la beauté \

guerre contre Probus pendant les deux mois de sou règne, mai-juin 276 (cf. Prosop., I, p. 65), et, pour cela, il dut dégarnir la frontière du Rhin : ce qui permit aux Barbar. s, qui avaient déjà franchi le limes en septembre 275 (p. 509. n. 2), de se répandre en 276 dans toutes les Gaules. — Ce serait donc la répétition des faits de 253 (p. 060-6), 268 (p. o83), 273 (p. o93|.

1. Cf. p. 90 : soit qu"il y ait eu environ ce chiiïre de villes détruites, soit que \ Histoire Auguste se soit bornée, selon une habitude qui lui est familière, à développer Texpression de urbes Trium Galliarum. Sexaginta per Gallias uobilissimas civitatcs |^veut-on dire par là les métropoles?]: septuaginta urbes nobilissimœ captivitate hostiuin vindicatœ [Probus. 13, 6; 15, 3); é^oo.ar,/.ov-a T.olt:;, Julien, Conv., p. 314 «, Sp. ; Zonaras. XII, 29 : Ttiv l'spaavtov i7:;t;fj£u.£vwv za.~.ç C-o 'Purixio-Ji rJj'i.tiy'.-/.

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