Cf. n. 3. p. 599. n
3. Cela résulte jusqu'à l'évidence des faits suivants : 1" on s'est partout servi des débris de ces édifices pour construire les soubassements des murailles des villes aux abords de .300 (p. 594. n. 4) : dédicaces de fontaines et socle de la Tutelle a Bordeaux (C. I. L., XIII, 596-600. 584). temple à Sens (XIII, 29401, gradins de théâtre ou d'amphithéâtre à Paris (XIII. .303.") 1, et des milliers dautres, qu'on retrouvera sans peine en examinant la provenance des monuments figurés chez Espérandieu (Il et s.) et des inscriptions dans le Corpus (XIll): 2" la description que les auteurs nous ont faites des villes murées dalors ip. 594, n 4) : 3° aucun de ces édifices, même de ceux dont il restait encore debout d'énormes parties, n'ont plus joué le moindre rôle dans la vie politique et religieuse de ces nouvelles villes. — C'est ainsi qu'en dehors et aux portes du Paris de Julien. <|ui est File de la Cité, l'édifice dit des Thermes (p. 393, n. 5; n'était sans doute alors qu'une ruine gigantesque: de même, aux portes du Bordeaux d'Ausone. le temple dit des Piliers de Tutelle (p. .5-32, n. 3). On pourrait trouver près de cent exemples de ce genre dans les différentes villes de la Gaule, et dire d'elles ce qu'.\mmien .Marcelliu disait d'Avenches et Julien de Besan(.'on (p. 604. n. 5>. — L'aspect de ces villes encombrées de ruines est indiqué, d'une manière générale, par Orose, lequel d'ailleurs attribue le désastre au temps de Gallien (VIL 22. 8) : Exlanl adhuc per diversas provincias in magnarum urbiuin ruinis parvœ et paupercs scdcs, signa mise-
Il n'y eut d'épargné que les villes à remparts, Trêves. Autun, Lyon. Narbonne et les colonies du Midi', peut-être aussi quelques villes du Centre, déjà fortifiées par Aurélien, et que les Barbares essayèrent en vain d'assiéger-. Mais ils entrèrent dans Paris, et les superbes édifices qui formaient à la montagne Sainte-Geneviève une radieuse couronne de pierre et de marbre, furent outragés, éventrés, déchiquetés '. Ils franchirent la Loire, ils allèrent à Poitiers*, à Bordeaux \ plus loin encore, jusqu'aux Alpes "^ et aux Pyrénées".
Aujourd'hui, dans nos musées de France, le souvenir de cette catastrophe est inscrit sur les restes des monuments romains avec plus de force encore que celui de la splendeur impériale. Dans les salles où s'entassent les fragments lapidaires, presque tous sont des débris mutilés, et beaucoup sont abîmés par la flamme* : les Barbares de l'an 276 ont passé par là. Dans les vitrines où s'accumulent les petits objets, ce sont des milliers de pièces, des centaines d'amas de monnaies, trouvées enfouies sous terre ou dans les bois, et s'arrêtant à la date néfaste : c'est le vestige de la fuite des Romains, cachant leurs richesses devant l'ennemi qui arrive °.
riarum et noininuni indicia servantes [les noms des anciennes constructions conservés par d'humbles bicoques installées dans leurs ruines?].
1. Cf. p. 272-3 et o!)4. — Avec cette réserve, que Lyon et Autun, du fait des guerres civiles, avaient déjà subi pareils désastres (p. 516 et ,^8!J).
2. Cf. p. 594-0. Le siège de Tours par les Barbares (appelés ici Celtes, tôiv KsXtwv -(ôv 7C£pr,v 'Pr,voj, cf. p. 579, n. 4), ce siège, rapporté par un fragment d'Eusèbe (Didot, Fr. hist. Grsec, V, I, p. 23). conviendrait assez à celte époque. Je suis cependant assez sceptique sur l'emploi par les Francs de machines de guerre : peut-être se sont-ils fait accompagner do quelques troupes d'un prétendant à l'Empire, et y a-t-il là un épisode de la lutte entre Florianus et Probusip. 51)9. n. 5).