PROBUS DELIVRE LA GALLE
partie de ses hommes furent expédiés sur le bas Rhin, du coté des Francs. Lui-même s'installa sur le haut Rhin, du côté des Alamans. Et la chasse aux Germains commença (277) '.
Ce fut, à travers leurs bandes, un carnaiie pareil à celui qu'ils avaient fait en Gaule. Probus s'arrangeait de manière à ne rencontrer à la fois que de petites troupes, qu'il était sûr d'écraser-. Il finit par massacrer, dit-on, jusqu'à quatre cent mille ennemis \ Au reste, il ne les tuait qu'à son corps défendant. Il préférait faire des prisonniers, qu'il expédiait ensuite dans les provinces comme soldats ou laboureurs". D'autres captifs étaient échangés contre le butin ou les Romains que les Barbares avaient enlevés l'année précédente". Probus voulait que cette guerre, au lieu de ne faire que détruire, servît aussi à réparer.
Du côté du Rhin ou du Danube, outre les Francs et les Alamans ^ Probus eut à combattre bien d'autres peuples. Une série de batailles furent livrées contre les Burgondes et les Vandales"; une autre, contre des Lygiens ou des Semnons\ Ces nations venaient de fort loin, de l'Elbe, de l'Oder ou de la Vistule. Peut-être n'avaient-elles point pris part à la grande curée de 27(3. Mais le bruit du butin fait par les Francs et les Alamans avait sans doute pénétré jusqu'à elles, et elles se précipitaient pour avoir leur part du profit.
L'arrivée de Probus, sa lutte contre la Germanie presque entière, sa victoire décisive sur elle, changèrent, dans cette volte-face miraculeuse de la Fortune, le désastre gaulois en un triomphe universel. Neuf rois barbares, partis de l'autre côté
1. Zosimn,!, 67, l-2;68, 1; Eutrope, IX, 17 : Prob., 12, 3; 13-l.j; Zonarns, Xll, 2').