‹ Histoire de la Gaule (volume 5)Chapitre 785 sur 792 · L ŒUVRE DE PROBUS · texte numérisé non relu

L ŒUVRE DE PROBUS

Probus fut peut-être le seul à ne point s'enivrer de la victoire, et à garder le sens des choses. Pas une seule imprudence ne fui commise par lui '. Les seize mille Barbares qu'il avait pris comme auxiliaires, pouvaient former des troupes dangereuses si on les laissait ensemble : il les établit, par bandes de moins de cent, dans toutes les provinces de l'Empire -. Les soldats risquaient, dans les années de paix qui allaient suivre, de s'énerver à ne rien faire : il leur fit bâtir des forteresses, réparer les routes, et même planter des vignes \

Car, pour rendre à la Gaule une partie de ses richesses, il avait enfin abrogé l'édit qui limitait le nombre de ses vignobles \ Le vin était alors, comme aujourd'hui, la récolte qui rapportait le plus, et l'on savait que la Gaule lui offrait les meilleurs terrains de l'Empire. Cette mesure de Probus fut pour son sol l'ère d'un temps nouveau. Les vignes se pressèrent sur les collines du Bordelais ' et sur les coteaux qui entourent Paris ^ Une source de prospérité se répandit sur ces provinces, prostrées sous les misères il y avait à peine quelques mois. La vie renaissait dans les glèbes " , lor reparaissait dans les temples %

1. Juliea, qui n'est pas tendre pour ses prédécesseurs, dit de lui (Convivium, p. 314 6. Sp.) : noX),à tîkvu (rwcspôvw; oîxovoij.r,(7aç.

2. Par troupes de 50 et 60 : il disait qu'en matière d'auxiliaires il fallait sentiendam non videnduin (Probus, 14, 7). Il en établit dans l'ile de Bretagne, qui furent très lidèles (Zosime, I, 68, 6). De même, ceux des Francs qu'il laissa sur le Rhin iafèrieur (Proculas. 13, 4). Ceux des Francs qu'il installa près de la mer Noire, volèrent des baniues (en 280?), traversèrent la Méditerranée en commettant mille brigandages, et revinrent par l'Océan dans leur pays (Zosime, I, 71, 3-5; Probus, 18, 2: Panegyrici, [V Vill], 18). — Rappelons ici l'installation au sud du Danube, vers 279, des derniers Bastarnes, restes des Galates des plus anciennes invasions gauloises (t. I, p. 303, n. 2; t. III, p. 14o: t. IV, p. 541. n. 1): Prob., 18, 1; Zos., I, 71, 2.

3. Aur. Victor, De Cœs.. 37, 3: Epit.. 37. 3: Eulrope, IX, 17; Probus. 18. 8: 20, 2; 21,2.

4. P. 405, n. 2, p. 202, p. 454. Eutrope, IX, 17; Polèmius, p. .'522, .Mommsen : Aur. Victor. De des., 37, 3; Epit., 37, 3; Probus, 18, 8.

5. Ausone, Urbes, 129; MoscUa, 160: etc. G. Julien, Misop., p. 341 a, Sp.

7. Aranlur Gallicana rura, Probus, 13, 6. — C'est cette reprise des cultures et des moissons qui a pu déterminer la belle légende des dieux faisant tomber les grains du ciel pour nourrir l'armée de l'robus (p. 608).

les soldats montaient la garde aux frontières, des remparls s'élevaient autour des villes et des châteaux \ et la Gaule pouvait envisager avec confiance ses prochaines destinées.

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