VIII. —DERNIÈRES CONVULSIONS
Il y eut bien encore, de loin en loin, quelques courtes convulsions, dernières traces du mal qui s'éteignait.
Sous Probus. un chef d'armée, Proculus, prit la pourpre à Cologne, sollicité par les gens de Lyon, qui ne se consolaient sans doute pas de la déchéance de leur cité^; l'empereur en fut débarrassé sans avoir besoin d'une vraie guerre (280?) ^ Un autre usurpateur, du côté du haut Danube, ne réussit pas davantage (280?) \ Les Gaulois paraissaient enfin las de changer de maître.
1. J'attribuerais à Projjus la majeure partie des nouveaux remparts de la Gaule. D'abord, après 276, la paix est plus longue qu'après 273 (p. 598), et Probus va régner cinq ans encore en Gaule. Puis, les désaslres de 276, bien plus grands que les précédents, pénélrant plus avant dans les Gaules, ont montré plus nettement la nécessité de se défendre partout. En outre, ils ont produit quantité de ruines, et par là de matériaux qu'on ne pouvait laisser à l'abandon (p. G02). EnOn, il y a sur Probus le texte de Julien {Coiiviviiiin, p. 314 6, Sp.) : 'E|'i?o[j.T,y.ovTa TTÔ/.E'.; àvaaT/,aaç : il doit s'agir des villes de la Gaule (p. 599, n. 4), et, puisque Probus considère ce fait comme son principal titre de gloire, il doit s'agir d'autre chose que de les avoir débarrassées des Barbares (p. 607). — On remarquera encore l'exlréme rareté des inscriptions et des bornes milliaires sous le règne de Probus, et cela doit avoir une cause. Il est possible que tous les ouvriers et matériaux disponibles aient été réservés à la construction des remparls de cités.
2. Vopiscus, Proculus, 13, 1-5; Probus, 18, 5; Aur. Victor, t'pit., 37, 2; Eutrope, IX, 17. Il a du être chef militaire à Cologne. — On parle de combats livrés par lui aux Alamans {Proculus, 13. 3) : ce serait bien loin de Cologne, mais le texte de l'Histoire Aujusli' laisse supposer d'autres Germains. — On donne à sa femme le nom de Vituriga {id., 12, 3), ([ui peut être celtique (Bilurica). — Sur lui, p. 603, n. 3.
3. Les Francs, chez lesquels il se réfugia à l'arrivée de Probus, le livrèrent à l'empereur (id., 13, 4; Probus, 18, 5 et 7t, peut-être après un coml)at à Cologne (Eutrope, IX, 17).
4. Bonosus, dux liinilis Rœlici; Bon., 14, 2; 15, 1-2. Je doute fort ([u'il faille placer à Cologne son commandement et sa révolte : les lusoriœ dont parle V Histoire Auguste doivent être les navires de la flotte du lac de Constance. Ce Bonosus passait pour Mis d'une Gauloise et d'un Breton (14, 1). — Il y eut peut-être d'autres soulèvements en Bretagne, en Espagne (Pro6us, 18.5: Aur. Victor, DeCœs., 37, 3; Epil., 37, 2; Zosime, I, 68, 6; 71, 3-4; Zonaras, XII. 29). Et il serait fort probable que tous ces chefs se soient coalisés pour enlever l'Occident à Probus.