‹ Histoire de la Gaule (volume 5)Chapitre 790 sur 792 · Tacitus · texte numérisé non relu

Tacitus

l'Empire'; pourquoi le sénat, dans un jour d'enthousiasme, déclare que le monde est libre et n'obéit qu'à des magistrats'. La patrie fut la souveraine divinité de ces hommes : elle était alors si vaste et si riche en souvenirs, qu'elle suffisait à leur adoration % comme le culte de l'hellénisme a suffi à tant de Grecs et comme celui de la liberté, dans les premières années de la Révolution, devait satisfaire tant de Français.

Faisons aussi, pour comprendre ce renouveau, la part des provinces et des armées illyriennes, situées au centre de l'Empire*. Les empereurs dont nous venons de parler et beaucoup de ceux qui régnèrent ensuite, étaient illyriens de naissance. Les meilleurs de leurs soldats l'étaient également". C'est de ces pays que sortait le dieu le plus populaire de ce temps, le Soleil, patron céleste des armées romaines. Peu importait qu'on l'adorât sous les espèces et suivant les rites de Mithra : il n'en était pas moins, par son origine, le dieu des grandes montagnes et des vieux sanctuaires de l'Europe danubienne ^ Les hommes de ces régions, quelle que fût leur ascendance nationale. Celtes, Ligures, Thraces. Daces ou Illyriens', formaient une espèce très vaillante, disciplinée, solide, sans l'éclat intellectuel de l'Hellène ou la fougue aimable du Gaulois, mais faite pour la résistance et incapable de se décou-

3. Voyez les rappels constants des titres et noms illustres de l'histoire romaine, impériale et même républicaine; Tacitus, 5; Claiidius. 1. 3; 2, 5: ici. p. 530, p. 332, n. 1 et 2. p. 550, n. 2.

Page 1