‹ Histoire de la Gaule (volume 5)Chapitre 789 sur 792 · DES CAUSES DL' SALUT DE L EMPIRE · texte numérisé non relu

DES CAUSES DL' SALUT DE L EMPIRE

les princes qu'elle a désignés. Et cette ardente collaboration, ces ciïorts de tous pour rétablir la majesté de l'Empire, est un des plus beaux spectacles qu'ait oiïerts l'histoire de Rome, plus émouvant que la paix des Antonins et que les conquêtes de César.

Comme j'aimerais à savoir quelles leçons ont instruit cette société nouvelle, qui engendre l'Empire à une seconde vie! Elle n'était certes pas chrétienne, et je l'imagine plutôt hostile au Christianisme. Mais elle n'était pas non plus l'élève des philosophes grecs, disparus de la scène publique depuis Marc-Aurèle, ni la disciple des légistes syriens, qui avaient gouverné le monde au temps des Sévères. Ses croyances religieuses l'entraînaient surtout vers les ç^rands cultes de la nature et de la vie, la Terre- Mère et le Soleil', ou encore vers une vague Providence qui confond en elle tous les dieux -. Le peu que nous puissions lire des écrits de ce temps, est de la pure rhétorique, de forme banale et vide de sens\ C'est ailleurs qu'il faut placer la discipline morale qui a guidé les âmes de ces hommes de devoir, soldats comme Probus ou sénateurs comme Tétricus.

Leur passion principale, inspiratrice de leurs pensées et de leur vie, a été Rome même, son histoire, sa grandeur, son avenir. Ils étaient bien les hommes nés aux approches du millénaire de la Ville. C'est cette religion du nom et du destin romains qui explique pourquoi les soldats, enseignes au repos, demandent un empereur au sénat"; pourquoi Tétricus, Auguste en Gaule, abandonne le pouvoir afin de rendre l'unité à

1. Aurélion surtout (cf. p. 51)7, n. 1). quoique le culte du Soleil ne lui ait pns fait oublier les dieux purement impériaux et romains (p. 612, n. 1).

2. Peut-être est-ce le cas de Probus : Quum divina Providcntia noslros uberius sccundarit cvercitus {Probus, 15, 7; 15, 4); l'expression de Providt-nLia est relativement plus fréquente dans les monnaies de Probus (Cohen, 2' éd., n" 467-504). Cela ne l'empêche pas de sonjrer au Jupiter romain (p. 608, n. 5; Pr., 12, 7; 15, 4) et, comme le montrent ses monnaies (n"' 039-698), au Soleil.

3. Voyez surtout les Panegyrici. d'ailleurs légèrement postérieurs (collection Teubr.cr, édit. .Em. Ba-brens, 1'^ 1874; 2" édit.. p. p. Guil. Ba-brcns, 1011). Cf. t. VI.

Page 1