IJist. Aufj., Gord., 33, 1. Cf. t. V
10 L'EMPIHK DE ROME ET DE CESAll.
la cité, combiné avec l'idée d'empire, aboutissait à la formation d'un être monstrueux, détruisant ou absorbant tout'.
itome n'en demeurait pas moins une simple ville. Ses chefs se rendaient compte que le meilleur de sa puissance résidait en un fover de cité-. Ils n'avaient jamais consenti à modifier le principe municipal de lEiupire. Quand le sénat eut conquis le Latium, il le maintint comme une ligue de bourgades dont lîome serait la tète^ Quand l'Italie fut soumise, la péninsule resta une société disparate de villes sous les ordres d'une ville souveraine '■. Maîtresse de l'Occident et de l'Orient, Rome se déclara la cité qui commande à des rois et à des peuples, et ce furent ses magistrats qui leur portèrent ses ordres'. Certes, le nombre de ses citoyens s'était accru démesurément : Latins et Italiens avaient reçu ce titre, et déjà quelques Gaulois le prenaient ^ Mais le principe d'autorité ne s'était point détaché .du sol sacré de la ville : tout citoyen romain, fùt-il domicilié à Narbonne, n'avait d'autre patrie que Rome ; il était inscrit sur les registres de ses tribus', et il ne votait qu'au Champ de Mars\ Et si les citoyens romains, dispersés dans l'univers, se comptaient par millions-, les remparts de la ville ne s'étaient point agrandis, et les lieux saints n'avaient point bougé.
C'était, pour la domination de Rome, une nouvelle cause de durée. Œuvre d'un homme, l'État d'Alexandre avait disparu avec lui. Lié au sol d'une ville, aux dieux et à la gloire de ce sol, l'Empire romain n'avait jamais fait que croître. Son