‹ Histoire de la Gaule (volume 5)Chapitre 10 sur 792 · Ici, p · texte numérisé non relu

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LA SliUVERAlXETE DE CÉSAR. 11

histoire ressemblait, écrivait-on, à celle d'un être vivant, conquérant sans relâche ' : mais cet être était un héros dont le foyer restait sur la terre et qui ne la quitterait pas, à la différence d'Hercule et d'Alexandre. Rome ne devait point périr : elle était « la Ville Immortelle » par excellence, L'rbs .^terna-. L'éternité du rocher où trônait le Jupiter du Capitole annonçait l'éternité de l'Empire.

m. — LA SOLVERAINLTL DE CÉSAR

Mais, à mesure que l'empire de la ville grandissait sur le monde, l'empire d'un seul grandissait sur Rome. Le premier magistrat qui soit sorti de l'Italie pour une conquête lointaine, Scipion l'Africain, est le premier qui se soit alïranchi des lois de la cité, et qui ait peut-être rêvé de lui imposer un maître"; et le proconsul qui venait d'achever cet empire par la soumission de la Gaule, Jules César, ne cachait pas son dessein de devenir un nouvel Alexandre*.

La monarchie, à Rome, fut en effet la conséquence des conquêtes. Elles lui donnèrent le pouvoir sur de nombreux peuples, barbares ou civilisés, qui ne comprenaient pas une autre autorité que celle dun monarque". Il ne s'agit pas seulement de r(Jrient, où la royauté était la seule forme de la souveraineté que les hommes connussent de temps immémorial. Mais l'Occident avait partout, lui aussi, cette manière de commander et d'obéir. En Espagne, Scipion l'Africain fut salué du titre de roi par les indigènes vaincus". Et j'imagine que les Gaulois, chez lesquels

\. Populam liomanum, quasi unuin honiiiiein; Florus. l, pr.. 4.

2. Voir les textes dans le Thésaurus Uikjux Laliiin-. s. v. .lilcrnus. c. il47.

3. Tile-Live. XXIL 53. 6-13; XXIV. 9. U-ll: XXWllL 50. 12-13: 58, 7: etc.

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